29 janvier 2013

Cinquante nuances de Grey : oui, un bestseller peut aussi être une daube

Comme un mouton j’ai voulu lire Cinquante nuances de Grey (Fifty shades of Grey, le titre en français craint quand même !) malgré les critiques négatives, autant sur les blogs francophones qu’anglophones. Vu mon titre vous vous doutez que je ne vais pas vous faire l’éloge du livre mais juste vous dire pourquoi vous ne devriez pas dépenser autant d’argent dans ce livre (à la limite si vous le trouvez vraiment pas cher d’occasion ou si vous avez l’occasion d’emprunter à une copine).


Je ne comprends pas pourquoi la sortie de ce livre à fait tout un foin, parce qu’il faut savoir (enfin, j’espère que vous le savez déjà…) que E.L. James n’a pas inventé le roman érotique, aucune révolution à déclarer, rien de neuf sous le soleil. Alors pourquoi tout ce matraquage autour du livre ? 

Et bien je me demande encore… Pour vous donner une idée, je dirais que c’est encore plus mal écrit que Twilight (je suis fan des films mais les livres sont vraiment mal écrits !), le style est mauvais, le vocabulaire restreint. Un peu comme dans Twilight le mot « marmoréen » est répété 54345358798721 fois, dans Fifty shades on peut lire environ 56476743389 fois l’expression « ma déesse intérieure » (et si tu le lis en anglais tu vas lire autant de fois « my inner goddess », il ne s’agit pas d’un défaut de traduction).


J’ai vraiment du mal à comprendre qu’on associe ce livre à du « mommy porn » parce que l’histoire est vraiment cucul, alors qu’on s’attendait à du « cul » tout court ! Les héros sont trop jeunes pour parler à des mommies dans le sens où on l’entend ici, l’histoire est tellement niaise que même moi je me suis sentie trop vieille pour lire ce livre. En lisant d’autres critiques de blogueuses et les commentaires, j’ai vu qu’on parlait plusieurs fois de « porno pour ados », et même si le mot porno me semble encore trop fort, je trouve le terme bien choisi.

A lire certains passages et devant l’énormité de certains détails, je pensais lire les écrits d’un homme. Mais non, c’est une femme qui a écrit ceci. A se demander si ce n’est pas elle la vierge. Parce que oui, notre héroïne est vierge à 21 ans, elle n’a jamais vraiment eu de petit copain et a à peine embrassé (sûrement sans la langue, quelle prude !) 

Attention, à partir de maintenant, comptons les ressemblances avec l’histoire de Twilight : ça fait donc 1, notre héroïne est une vierge empotée qui est méga bonne au naturel mais pas sûre d’elle alors elle n’a jamais vu le loup (Ana is the new Bella !)


Christian est plus âgé (oui ok, 27 ans contre 107 ans pour Edward mais quand même), il est hyper charismatique, toutes les filles sont bouche bée devant lui, il est magnétique, blaaaa blaaa blaaa (2, Christian is the new Edward). 

Christian tombe amoureux de Bella Ana au premier coup de foudre alors qu’il est entouré de bombes qui rêvent de son corps (3). C’est réciproque mais la cruche n’y croit pas parce qu’elle est pas assez bien blaaa blaaa blaaa (4). Christian lui dit plusieurs fois qu’il a envie d’elle mais qu’il est dangereux pour elle et qu’elle devrait s’éloigner mais il revient à la charge parce qu’il est obsédé par elle, soit exactement l'histoire du premier volet de Twilight (5). Puis j’en passe : la scène du dîner chez ses parents à lui (6), la première nuit magique (7). Oh wait, il faut qu’on s’arrête sur leur première fois !

(Attention ça devient cru et ça spoile) Christian la prend à sec violemment et elle jouit. Elle était vierge. Elle jouit. En fait, elle jouit environ 17 fois par rapport sexuel. A-chaque-fucking-rapport-sexuel (cfr la première fois de Ed et Bella, 8). #WTF


Mais ce qui est bien pour l’égalité homme-femme, c’est que non seulement le Christian est capable de donner un orgasme instantané à n’importe quelle femme, mais en plus, elle, la leuleu qui n’a jamais touché un garçon, jamais eu d’ordinateur, jamais parlé de ça avec sa copine nympho, elle sait tout faire aussi du premier coup! So-real-life. Je sais qu’on est dans un bouquin, c’est de la fiction, c’est censé faire rêver, mais par moment, c’est vraiment gros à avaler (je parle de l’histoire, pas de… enfin soit). 

Mais franchement, là où ça m’a déçue, c’est que c’est mièvre, mais mièèèèèèèèvre. Un Harlequin avec des cœurs et des bisous chastes et des histoires d’amoouuuuuuuur tellement bêêêêêêlllleeeesss… boring ! On s’attend à un livre so shocking, c’est sur le monde du BDSM, ça va faire mal, tout ça. Mouais, passe ton chemin si tu veux du croustillant ! Le mâle dominateur a la queue entre les jambes à chaque fois que l’autre greluche lui fait les yeux doux, c’est aussi palpitant que le récit de la vie sexuelle de Kate et William. 




Alors, dites-moi, honnêtement, pourquoi ce livre a du succès ? C’est une question de sponsoring et de lobbying et de sous plus qu’autre chose, rassurez-moi !

Et encore, je n’ai pas insisté (mais je vais le faire là tout de suite) sur le fait que les mêmes expressions n’arrêtent pas de se répéter, parce que Ana est complètement fêlée et qu’elle parle à sa conscience et à sa déesse intérieure (qui semblerait être sa libido). Sa déesse intérieur réagit à chaque phrase ou geste de Christian, alors on peut lire « ma déesse intérieure danse la rumba », « ma déesse intérieure se réveille », « ma déesse intérieure est déçue », « ma déesse intérieure joue à la marelle » (celle-là je l’ai inventée, mais pas les précédentes). Bref, de la grande littérature.

A côté de ça, il y a un semblant d’histoire et je suppose qu’on en apprend plus sur le passé sombre de Christian dans les deux autres volets (mais si quelqu’un pouvait me raconter l’histoire ça me ferait plaisir parce que je n’ai pas envie de lire les tomes suivants). Mais il y a aussi des pages et des pages de déclarations romantiques qui durent des plombes (que j’ai passées frénétiquement) et qui sonnent tellement faux. Et des trucs pas intéressants. Beaucoup.

Voilà voilà, j’ai juste envie d’ajouter que si vous voulez lire un roman érotique, il y a de très bons livres (qui en plus coûteront certainement moins cher), par exemple la série des Zane (en anglais) dont j’ai lu Nervous. Et puis si vous cherchez de la grande littérature ou du moins un livre avec une histoire bien construite et intéressante, continuez à chercher, mais c’est pas Fifty shades qui va vous nourrir ! (Vous pouvez toujours jeter un œil à mes autres articles lecture).

1 commentaire:

  1. ahahaha excellent!
    je suis d'accord
    mais aussi curieuse, je voudrais bien savoir ce qui a bien pu traumatiser ce brave cricri, quand même

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