19 octobre 2017

#metoo

Ces derniers jours, si tu es sur Facebook, tu as sûrement vu fleurir ce hashtag, parfois accompagné d’une phrase d’explication

Me too.
If all the women who have been sexually harassed or assaulted wrote "Me too." as a status, we might give people a sense of the magnitude of the problem.
Copy and paste.

A la base de ce mouvement, un tweet de l’actrice Alyssa Milano.
On pourrait traduire ce poste par « Si toutes les femmes qui ont été harcelées ou agressées sexuellement écrivaient « Moi aussi. » en statut, nous pourrions faire prendre conscience aux gens de l’ampleur du problème. »
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Sachant que beaucoup de femmes n’osent pas avouer qu’elles ont été victimes dans leur vie, une fois au moins, de ce genre de comportement, par peur, par honte, et au vu du nombre de femmes qui ont posté ce message, on ne peut effectivement nier l’ampleur du problème.

Avant même d’être majeure, je m’étais déjà fait mettre la main au cul alors que j’étais en train d’attendre à la caisse d’un magasin, à côté de ma mère. Je me suis fait embrasser de force un matin sur le chemin de l’école. Je ne compte plus les commentaires déplacés, regards appuyés, tentatives d’intimidation… Chaque jour, je réfléchis à ma tenue afin d’éviter d’attirer les regards ou de risquer une agression quand je reviens tard des cours du soir ou que je sors. Parfois j’annule une sortie car je sais que je devrai rentrer seule le soir, et j’ai peur. Je ne me sens en sécurité que si j’ai un pantalon large jusqu’aux chevilles, un sweat large, et un regard dur qui signifie « non » avant même que la question ne se pose. Mais même comme ça, j’arrive encore à m’attirer des remarques désobligeantes et des tentatives de contact. Juste parce que je suis une femme.

Je me rends compte de l’ampleur que cette insécurité prend dans ma vie. C’est une des raisons pour laquelle je voulais apprendre un sport de combat depuis plusieurs années déjà, j’aimerais pouvoir vivre comme je l’entends, pas dans la crainte, avec le sentiment que je pourrais me défendre si je devais faire face à un comportement incorrect.
Il y a quelques années, j'attendais mon train à la gare de Paris, seule. Un homme m'a collée jusque dans mon Thalys juste parce que j'avais oublié la règle d'or, ne jamais répondre au bonjour d'un inconnu. Il m'a forcée à faire des photos avec lui, a lui donner un numéro de téléphone, a essayé de m'embrasser de force, a tenté même de faire le trajet avec moi jusqu'à chez moi, j'ai réussi de m'en débarasser in extremis avant que le train ne démarre. J'étais dans une grande gare, dans une grande ville, personne ne m'est venu en aide, tout le monde a fermé les yeux.

Le problème n’est pas dans que dans la rue, il est aussi dans le cercle intime. Qui n’a jamais subi de tentative de rapport ou de pratique forcés dans une relation qu’elle pensait pourtant saine ? Un ami qui essaie de profiter de toi après t’avoir fait boire quelques verres, un petit copain qui tente de t’apitoyer pour te faire faire quelque chose dont il a vraiment envie, mais pas toi.

Malheureusement face à ce mouvement, il y a encore une part non négligeable d’hommes (et certainement de femmes) qui pensent que la faute est du côté des victimes, qu’on le cherche, qu’on devrait « arrêter d’être jolie » (j’ai lu ce commentaire sur Internet en réaction à un article sur le sujet, true story). Une culture du viol bien ancrée où la honte est du mauvais côté, et où l’agresseur est toujours excusé. Heureusement, quelques hommes ont réagi autrement, avouant que ce déferlement de tweets et de postes Facebook leur ont fait ouvrir les yeux. Et comme d’habitude, un lot de not-all-men insiste sur le fait qu’ils ne sont pas tous comme ça, qu’on devrait créer un hashtag pour les hommes biens non ?, qu’on exagère, qu’on fait de la généralisation… parce qu’évidemment, comme d’habitude, tout ceci tourne autour des hommes.

2 commentaires:

  1. Pour les hommes le sujet a l'air difficile parce qu'ils se sentent victimes des conséquences du harcèlement sexuel. Ils trouvent que draguer est impossible. Comme tu l'as écrit on en est réduites à hésiter à répondre à un simple bonjour, (même sympa) parce qu'il y a une chance que ça tourne mal. En effet il faudrait qu'on puisse simplement dire qu'on est pas intéressées. Mon compagnon déteste Marion Seclin parce que pour lui ce qu'elle dit c'est qu'elle ne supporte pas qu'un homme s'adresse à elle dans la rue. Donc nous femmes, sommes arrogantes et brisons le coeur d'hommes maladroits...ce à quoi je dis: En général on me houspille de bribes de phrases, la peine n'est même pas prise de construire un "bonjour" virgule, contenu divers. donc je n'ai même pas envie de répondre, surtout que ça pourrait encourager la personne à me suivre, me toucher bref à me harceller et on a toujours peur que le pire arrive. Je ne refuse pas catégoriquement la drague de rue, mais il faut y mettre les formes et savoir que les femmes peuvent avoir peur suivant les circonstances. Bref on se comprend pas.

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    1. Oui ça a l'air difficile à comprendre pour la plupart des hommes, il faudrait vraiment qu'on leur fasse la même finalement pour qu'ils finissent par comprendre, je sais pas, ou répondre salement pour les rabaisser. Mais ce serait justement se rabaisser à faire ce qu'on cherche à éradiquer dans leur comportement.
      C'est comme les hommes qui ne comprennent pas qu'on peut regarder normalement une belle personne qui passe devant nous, ou la dévisager et la soumettre à un regard appuyé malaisant, et qu'il y a une différence. Encore du boulot...

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