Le désencombrement ne concerne pas seulement les objets matériels, mais de manière générale tout ce qui est de trop, nous gêne, consomme inutilement des ressources… et donc certains de nos comportements. C’est ainsi que je me suis penchée sur la question abstraite du désencombrement numérique, en particulier de note présence sur Internet. Si tu as envie de faire du tri, tu ne seras pas en reste, on parlera également du matériel informatique et de son impact écologique.

Internet, le pollueur invisible

Si Internet était un pays, il serait le 3ème plus gros pollueur au niveau mondial”, “La pollution générée par Internet comparable à celle du transport aérien

Internet : le plus gros pollueur de la planète ?

En effet, ce n’est pas parce qu’on n’en voit rien qu’Internet ne consomme pas. Tout du contraire ! Chaque chose stockée en ligne, publiée, chaque e-mail envoyé, conservé… consomme et pollue.

On a souvent tendance à conserver ses contenus sur le Cloud sans trop y penser (c’est gratuit, ça ne prend pas de place…), ou à garder des tonnes d’e-mails alors qu’on ne s’y réfère jamais. Il est important de faire le tri et de réfléchir à ces gestes qui ne sont pas sans conséquences.

Pensez à stocker sur un disque dur externe ou une clé USB lorsque vous voulez conserver des documents et utilisez les solutions en ligne seulement pour les documents hyper-méga-super importants et vitaux, ou que vous devez partager (la solution gratuite WeTransfer permet de transférer des documents en ligne, disponibles seulement pendant 7 jours : même pas besoin de penser à aller les effacer).

Pour aller plus loin ? J’ai publié un guide complet, gratuit, accessible sans inscription pour apprendre à gérer ses e-mails, son ordinateur, son smartphone… de manière plus organisée, minimaliste et écolo.

Nettoyer sa présence sur Internet pas à pas

Autant pour des raisons écologiques, pratiques, et de sécurité, nettoyer régulièrement sa présence sur le web et la limiter en amont est bénéfique.

E-mails et pollution

Première étape : se désabonner des newsletters commerciales et des newsletters informatives que vous n’ouvrez jamais. Quand tu t’inscris sur un site, pense à décocher l’inscription à la newsletter.

Ce que vous consommez en envoyant un e-mail

Ensuite, on fait attention aux e-mails qu’on envoie, on évite de mettre en copie toute la boîte ou d’envoyer un e-mail au collègue assis à côté de soi. On applique les mêmes raisonnements dans sa vie privée. On limite les pièces jointes (si l’e-mail est envoyé à plusieurs personnes, on privilégie alors un espace de stockage partagé).

Enfin, on fait le tri. On supprime complètement tous les e-mails inutiles. Chaque chose “entreposée” sur Internet consomme des ressources au travers de serveurs (d’énormes parcs d’ordinateurs qui fonctionnent H24) qui nécessitent du courant, du refroidissement, des matériaux, d’énormes infrastructures…

  • Ne garde dans tes e-mails que ce dont tu as besoin à court terme.
  • Pour les informations importantes, exporte tes e-mails et stocke-les sur un périphérique physique.
  • Crée des dossiers pour pouvoir t’y retrouver plus facilement, et donc aussi nettoyer plus facilement !
  • Pense à vider les messages envoyés, courrier indésirable et la corbeille.

Réseaux sociaux

C’est pareil ici ! Chaque chose qu’on poste, reposte, like, commente… c’est un peu plus de stockage et de consommation de resources. En particulier les images et vidéos. Diminuer le temps passé sur les réseaux sociaux est souvent bénéfique, voici donc quelques astuces pour s’en détacher :

  • fais un gros tri dans tes contacts, les pages que tu suis… : si ton fil d’actualité contient moins d’informations à consulter, tu passeras moins de temps dessus ;
  • supprime tes comptes sur les réseaux sociaux qui ne t’apportent rien de positif (tu peux le faire !),
  • désinstalle les applications de ton smartphone quand tu as du mal à limiter le temps passé dessus, ou installe une application qui t’empêche d’y rester plus de x minutes par jour (on passe tous par des périodes où on a plus tendance à se réfugier dans les réseaux sociaux, mais on peut s’aider grâce à cette astuce).

Lire aussi :

Streaming

Le streaming a permis de dire adieu à la plupart des supports média jetables. Cependant, on a tendance à oublier la consommation derrière la diffusion d’une vidéo (sur Youtube, Netflix…). Faut-il arrêter de streamer ? Comme dans tous les domaines, c’est la consommation raisonnable qui va permettre de trouver l’équilibre. Regarder du contenu en ligne, oui, mais seulement si ça nous intéresse vraiment et qu’on est concentré sur ce qu’on fait, pas pour “faire un bruit de fond”. Sinon, on privilégie la musique, qui est quand même moins gourmande que de la vidéo… (Avec Spotify Premium, on peut télécharger sa musique en local, ce qui permet même de l’écouter quand on est hors ligne.)

source Pixabay

Pourtant, le grand gagnant, ce n’est pas Internet…

Et oui, on pense depuis plusieurs années que les grands méchants fournisseurs d’Internet (les Cloud providers) sont les grands méchants de l’histoire. Pourtant, un rapport récent de GreenIT met en avant le bilan écologique désastreux des appareils numériques des particuliers, qui serait le pire pollueur numérique.

La raison, c’est la fabrication de ces appareils, que les consommateurs changent bien souvent avant qu’ils ne soient hors d’état d’usage (la faute aux modes, à la pression sociale, et à l’obsolescence programmée) et en plus sans les faire recycler (ce qui ne règle qu’une infime partie du problème).

Du coup, pour son budget et pour la planète, on choisit bien son matériel numérique (IoT, smartphone, PC, TV…) et on le garde précieusement tant qu’il fonctionne encore, même s’il existe une nouvelle version avec une petite fonctionnalité en plus ou une résolution un peu meilleure. Et on revend ou donne ses appareils encore en état de fonctionnement au lieu de les jeter !

Les matériaux informatiques nécessitent des minerais qui sont extraits, encore actuellement, dans des conditions inhumaines, allant jusqu’à l’esclavagisme. Les sociétés d’extraction n’hésitent pas à forer des puits là où des villages sont implantés, mettant à la rue des populations précaires. Je te conseille la lecture de mon résumé de La Planète Bazar si tu veux en savoir plus.

Quelle industrie est la plus polluante ? Selon des chiffres établis par une étude GreenIT publiée en octobre 2019 , les 34 milliards de smartphones, ordinateurs, consoles de jeux et téléviseurs que compte la planète occupent une place centrale dans l’impact sur l’environnement. Il faut 80 fois plus d’énergie pour produire un gramme de smartphone qu’un gramme de voiture.

Mais ce n’est pas leur utilisation qui a le plus de conséquences sur l’environnement, 90% de l’énergie consommée par un smartphone est générée lors de sa fabrication. La construction d’outils informatiques impacte la quantité de ressources naturelles disponible. Ces ressources premières ne se renouvellent pas aussi vite que nous en consommons. Tous les ans, Global Footprint Network calcule en partenariat avec le WWF « le jour du dépassement », c’est-à-dire la date à partir de laquelle nous avons consommées l’ensemble des ressources que la terre est capable de produire en un an. Leur étude montre qu’il faudrait 1.75 Terres pour subvenir aux besoins de l’humanité.

35% des émissions de Gaz à effet de serre du numérique seront dues à la fabrication des terminaux utilisateurs en 2025. L’intensité énergétique de l’industrie numérique augmente en moyenne de 4 % par an.

Grizzlead, “L’incroyable impact de la pollution numérique et les bonnes pratiques à adopter très vite !”

  La suite

Spread the love