Ces derniers
jours, si tu es sur les réseaux sociaux, tu as sûrement vu fleurir ce hashtag, parfois
accompagné d’une phrase d’explication

Me too.
If all the women who have been sexually harassed or assaulted wrote “Me
too.” as a status, we might give people a sense of the magnitude of the
problem.
Copy and paste.

A la base de ce mouvement, un tweet de l’actrice Alyssa Milano.
On pourrait traduire ce poste par
« Si toutes les femmes qui ont été harcelées ou agressées sexuellement
écrivaient « Moi aussi. » en statut, nous pourrions faire prendre
conscience aux gens de l’ampleur du problème.
 »
Sachant que beaucoup de femmes n’osent
pas avouer qu’elles ont été victimes dans leur vie, une fois au moins, de ce
genre de comportement, par peur, par honte, et au vu du nombre de femmes qui
ont posté ce message, on ne peut effectivement nier l’ampleur du problème.

Avant même d’être majeure, je m’étais
déjà fait mettre la main au cul alors que j’étais en train d’attendre à la
caisse d’un magasin, à côté de ma mère. Je me suis fait embrasser de force un
matin sur le chemin de l’école. Je ne compte plus les commentaires déplacés,
regards appuyés, tentatives d’intimidation… Chaque jour, je réfléchis à ma
tenue afin d’éviter d’attirer les regards ou de risquer une agression quand je
reviens tard des cours du soir ou que je sors. Parfois j’annule une sortie car
je sais que je devrai rentrer seule le soir, et j’ai peur. Je ne me sens en
sécurité que si j’ai un pantalon large jusqu’aux chevilles, un sweat large, et
un regard dur qui signifie « non » avant même que la question ne se
pose.
Mais même comme ça, j’arrive encore à m’attirer des remarques désobligeantes
et des tentatives de contact. Juste parce que je suis une femme.

Je me rends compte de l’ampleur
que cette insécurité prend dans ma vie. C’est une des raisons pour laquelle je
voulais apprendre un sport de combat depuis plusieurs années déjà, j’aimerais
pouvoir vivre comme je l’entends, pas dans la crainte, avec le sentiment que je
pourrais me défendre si je devais faire face à un comportement incorrect.

Il y a quelques années, j’attendais mon train à la gare de Paris, seule. Un homme m’a collée jusque dans mon Thalys juste parce que j’avais oublié la règle d’or, ne jamais répondre au bonjour d’un inconnu. Il m’a forcée à faire des photos avec lui, a lui donner un numéro de téléphone (j’ai donné un faux numéro évidemment mais je suis sûr qu’ils arrivent à intimider suffisamment certaines femmes pour choper un numéro), a essayé de m’embrasser de force, a tenté même de faire le trajet avec moi jusqu’à chez moi, j’ai réussi de m’en débarrasser in extremis avant que le train ne démarre. J’étais dans une grande gare, dans une grande ville, personne ne m’est venu en aide, tout le monde a fermé les yeux. Idem dans le Thalys, où tout le monde entendait notre conversation malaisante.

Le problème n’est pas dans que
dans la rue, il est aussi dans le cercle intime. Qui n’a jamais subi de
tentative de rapport ou de pratique forcés dans une relation qu’elle pensait
pourtant saine ? Un ami qui essaie de profiter de toi après t’avoir fait
boire quelques verres, un petit copain qui tente de t’apitoyer pour te faire
faire quelque chose dont il a vraiment envie, mais pas toi.

Malheureusement face à ce
mouvement, il y a encore une part non négligeable d’hommes (et certainement de
femmes) qui pensent que la faute est du côté des victimes, qu’on le
cherche, qu’on devrait « arrêter d’être jolie » (j’ai lu ce
commentaire sur Internet en réaction à un article sur le sujet, true story).
Une culture du viol bien ancrée où la honte est du mauvais côté, et où l’agresseur
est toujours excusé. Heureusement, quelques hommes ont réagi autrement, avouant
que ce déferlement de tweets et de posts Facebook leur ont fait ouvrir les
yeux. Et comme d’habitude, un lot de not-all-men
insiste sur le fait qu’ils ne sont pas tous comme ça, qu’on devrait créer un
hashtag pour les hommes biens non ?
, qu’on exagère, qu’on fait de la
généralisation… parce qu’évidemment, comme d’habitude, tout ceci tourne autour
des hommes.

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