Il a fallu attendre presque 30 ans pour que je participe à mon premier enterrement de vie de jeune fille (ou EVJF). Et c’est très bien comme ça. Je redoutais assez la journée, qui allait me vider de mon énergie à coup sûr. Je reportais une activité le vendredi soir pour économiser toutes mes forces pour le samedi d’EVJF. Cette journée allait être une épreuve car j’allais être entourée de filles qui piaillent, qui gigotent, qui poussent des petits cris aigus. 

 
Aujourd’hui, en suivant les grands préceptes de Sarah Knight et de sa “Magie du J’en ai rien à foutre“, je suis bien résolue à ne plus jamais participer à ce genre d’événement, sauf si je sais à coup sûr que le programme sera en adéquation avec ma vision des choses et que je m’y sentirai bien. Mais bon, à l’époque, je n’avais pas encore atteint ce niveau de sagesse…
 
 
 

Survivre à un EVJF quand on ne rentre pas dans la case

Je cumulais toutes les tares, j’étais sûre que cet événement hyper social allait me mettre très mal à l’aise de bout en bout…
  • n’étant pas une grande fan du concept de mariage, ni d’EVJF (ni d’enterrement de vie de garçon, puisque ces deux événements suggèrent que le mariage, un acte volontaire chez nous, c’est la fin de la Vie, et le début de la vie d’adulte, barbante…)*,
  • ayant des idées non conventionnelles sur plein de choses (l’écologie, le consumérisme, le salariat…),
  • n’étant pas une femme qui rentre dans les cases habituelles… (pour moi c’est devenu une galère de parler avec beaucoup de femmes qui ne pensent qu’au shopping par exemple, ou qui se complaisent dans la
    patriarchie, celles qui ne parlent que de mecs actuels futurs et éventuels, etc.).
 
Désolée pour cette phrase de plus de 10 lignes, j’essaie de corriger ce défaut quand j’écris, mais parfois je me laisse emporter…
 
Bref. Il fallait quand même que je le fasse, parce que c’était important pour mon amie. (Encore une fois, aujourd’hui, mes principes de Désencombrement du mental me disent qu’il ne “faut pas” quand on n’a pas envie, mais à ce moment-là, je n’avais pas creusé la question si loin.)
 
Le premier défi était de s’habiller en fonction du thème imposé pour les participantes, mais j’ai réussi à composer ma tenue pour l’occasion avec ce que j’avais dans ma garde-robe. Autrement, j’aurais fait au mieux, mais pas question d’acheter des choses pour l’occasion que je n’utiliserais plus par la suite. De toute façon, comme je me doutais, plusieurs n’ont pas joué le jeu. Donc conseil : ne vous prenez pas la tête, vous ne serez jamais la seule à ne pas être dans le thème.
 
Il fallait apporter un objet qui remémorait un souvenir avec la future mariée, j’ai aussi réussi à faire du zéro déchet (“objet” à manger dans un bocal de récupération avec un nœud de récupération) et à ne pas acheter une c******* qui pourrirait dans un carton dans le fond du garage. Le minimalisme, c’est aussi ne pas encombrer inutilement les autres.
 
 
 

Les loukoums sont un souvenir d’un voyage en Turquie avec la future mariée, le bocal lui resservira puisqu’elle fait ses courses en vrac, le nœud, c’était pour la “touche girly et fun“.

*j’ai décidé que ma vie d’adulte ne serait pas barbante en refusant de rentrer dans les cases, je suis donc totalement opposée à cette image de la vie d’adulte lisse et sérieuse en opposition à la jeunesse libre et amusante

 

EVJF et zéro déchet…

Dès le matin, le déballage de plastique et d’objets à usage unique a commencé, et toute la journée j’ai dû regarder les autres gaspiller pour se divertir, comme si c’était nécessaire. Ça m’a un peu attristée même si je n’ai rien dit.

Ça passe par les accessoires de déguisement à usage unique, les accessoires à selfie jetables, le petit déjeuner : des pains au chocolat industriels emballés individuellement (la future mariée étant vegan, elle n’en a même pas mangé…), les langues de belle-mère et les pistolets à eau qui ont certainement fini à la poubelle après leur courte vie de 2 minutes chrono. Sans parler des objets collectés pendant les gages, comme un tampon qu’”on” a ouvert pour s’amuser alors que certaines femmes n’ont pas les moyens de s’acheter des protections hygiéniques et que les centres d’accueil et refuges pour femmes en ont besoin. Oui, je casse l’ambiance dans cet article, c’est pour ça que ce jour-là j’ai subi toute la journée sans faire de commentaire.

 
Et le clou, la culotte neuve qui a été brûlée sur la place de notre ville, quand on connaît le désastre écologique que représente l’industrie textile, quand on sait que certaines personnes ne peuvent pas se payer de vêtements… C’est difficile d’être la seule personne à penser à tout ça quand tout le monde autour de toi s’éclate sans que ça ne leur traverse l’esprit.

 

Alors oui, tu vas me dire, c’est juste une fois dans sa vie (ou deux, ou trois, généralement pas plus 😂), mais c’est ça, plus les anniversaires, plus telle et telle occasion. C’est ce besoin irréfléchi de gaspiller pour s’amuser et de consommer sans penser qui me dérange…
 
 

Participer à des événements quand on a une grande sensibilité écologique

Du coup, le lendemain, je me demandais pourquoi certaines personnes ne pensent pas le moins du monde à tout ça, à l’écologie, à l’éthique, etc., alors que d’autres sont accablées par ces pensées.
 
 

Il y a eu toutes ces discussions sur les vêtements pendant cette longue journée, dont je me sentais totalement exclue. Parce que parler de t-shirts qu’on se fiche de ne porter que quelques fois parce qu’ils ne sont pas chers, ou de robes de pacotille (parfois à plus de 100 € quand même…) qu’on achète comme on achèterait une éponge, c’est difficile pour moi…

J’aurais été tentée de leur parler de fast fashion, de la mode jetable, des sweatshops, des femmes et des enfants qui fabriquent les robes de bal à l’autre bout du monde, de l’intérêt (aucun) d’acheter un vêtement qu’on porte une seule fois au cours de sa vie , mais je ne sentais pas les autres réceptives, je l’ai juste mise en veilleuse…

 
 
Finalement, les brûlages, ce sont des traditions, on ne sait même pas vraiment ce que ça représente, à part comme je le disais, un sous-entendu qu’on ne s’amusera plus jamais après s’être marié (ça donne envie…) et qu’on a besoin de s’éclater une dernière fois en se faisant remarquer dans la rue.
Les traditions, parfois, c’est bien de les remettre en question…
 
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Un EVJF autrement

Bref, c’est en repensant à cet épisode traumatisant que j’ai imaginé les “EVJF autrement”, pour votre amie, sœur, cousine… qui va se marier, mais qui tient à ses convictions, pour cette personne à qui vous voulez offrir un événement spécial et en accord avec ses valeurs et ses idées, à vous qui voulez sortir du moule et mettre du sens dans cette journée.

Envie de passer outre les traditionnelles balades en rue déguisées, les gages, les tenues rose fluo ? Je vous propose une demi-journée de désencombrement de la penderie de la future mariée, dans une ambiance décalée, avec bulles et pâtisseries de qualité (et pourquoi pas une autre activité chic et éthique, ou un moment écolo-rigolo, pendant la deuxième partie de la journée ?).

Envoyez-moi vos envies, votre projet, vos idées, afin de recevoir une offre sur mesure, pour faire de ce moment un instant unique et de valeur :
the_flonicles)@(outlook.be
(sans les parenthèses 🙂 )

 
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