Comme chaque année, l’approche du 8 mars, la journée internationale des droits des femmes (et pas la journée internationale des promos sur les petites culottes en dentelle et les aspirateurs…) est l’occasion de mettre en lumière les inégalités de genre toujours présentes aujourd’hui et de proposer des solutions.

En 2021, la crise du Covid-19 a encore permis de constater que les femmes sont les premières victimes en cas de crise. D’ailleurs, la crise en question n’a fait qu’exacerber une situation déjà existante. En réponse, plusieurs associations proposent une grève des femmes le 8 mars.

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant.

Simone de Beauvoir

Plus à propos de la crise Covid-19 et de son impact sur la situation des femmes :

Cette édition du slow mag sera donc consacrée aux femmes et plus largement aux personnes qui s’identifient à un genre qui souffre de discrimination.

Des sources qui traitent de ces inégalités, qui peuvent parfois nous être bien utiles pour pouvoir communiquer sur ces sujets, mais aussi des ressources positives pour s’émanciper et (re)prendre confiance en soi.

“Si les personnages masculins dans les jeux vidéos étaient habillés comme les personnages féminins”

Le monde du jeu vidéo est très masculin et souvent sexiste, autant dans les produits que sur le lieu de travail. Les jeux vidéos sont devenus un produit masculin non pas parce que les hommes ont des aptitudes supérieures à celles des femmes, mais parce que les fabricants ont décidé de prendre ce tournant pour des raisons commerciales. Le documentaire “High Score” sur Netflix traite des débuts de l’industrie du gaming et mentionne ce glissement depuis l’objet familial vers un objet “pour les geeks”.

Si vous avez déjà vu ne serait-ce que les boîtiers des jeux dans les rayons, il n’est pas compliqué de voir que les jeux s’adressent à un public masculin : personnages féminins dénudés aux attributs irréels, personnage principal masculin secondé par une femme ou qui doit sauver une femme…

Dans ce tweet, on imagine ce à quoi ressemblerait un personnage de jeu vidéo masculin créé selon les mêmes principes que les personnages féminins. Attention c’est un peu osé

  If male video game characters were dressed like female characters pic.twitter.com/QrQvENBNBM

— Jess Devonport (@neverjessie) 12 Septembre 2014

I’m a feminist, par Emma Watson

Un discours très touchant de l’actrice Emma Watson sur le combat pour l’égalité des sexes (en anglais).

Sommes nous encore capable d’apprécier un visage féminin sans maquillage?

Une question soulevée par Sabrina (Ca se saurait) qui mérite qu’on s’y attarde. Le maquillage, c’est cette chose que quasiment aucun homme ne porte mais que chaque femme est censée porter. C’est encore un critère de jugement sur l’apparence des femmes.

Il faudrait “être belle naturellement” sans en porter, mais ce qu’on entend par “belle naturellement” c’est une peau lisse sans défauts, pas de cernes, pas de gerçures sur les lèvres… en bref, rien de naturel. Il faut donc porter du maquillage, mais surtout pas trop, car s’il est trop visible on peut vous taxer de “s*lope”, de “camion volé”… Mais à certaines occasions, on attend quand même des femmes qu’elles “fassent un effort” supplémentaire.

Comme le souligne Sabrina dans son article, certaines femmes ne peuvent plus se voir sans maquillage, et beaucoup de personnes, hommes et femmes, ne sont plus capable de trouver un visage nu “beau”.

De plus, c’est un énième poste de dépenses presque imposé alors que statistiquement les femmes gagnent moins d’argent que les hommes, sont moins indépendantes financièrement et occupent des emplois plus précaires.

Je t’invite à lire l’article sur La maladie de la beauté pour creuser un peu ce sujet.

La contraception

La charge contraceptive revient presque automatiquement à la femme, même dans un couple bien installé. Contraception hormonale et effets secondaires, stérilet non toléré, ligature des trompes systématiquement refusée, préservatif refusé par les hommes… ce qui devait au départ nous libérer nous enchaîne également.

Le débat autour de la charge contraceptive se fait de plus en plus entendre et des solutions non invasives voient le jour. Puisque la femme est féconde quelques jours par mois alors que l’homme produit des spermatozoïdes toute sa vie sans période d’arrêt, pourquoi la femme est-elle seule responsable des maternités et de la contraception ?

(Ajoutons que les sociétés pharma, dirigées par des hommes, qui commercialisent la pilule et le stérilet se font des c***lles en or grâce à ces produits, alors pourquoi on changerait ?)

Pour information (et plus si affinités), il existe des solutions masculines pour ne pas procréer :

  • la méthode thermique : nouvelle arrivée depuis quelques années mais assez peu présentée dans les médias de masse, elle se présente sous la forme d’un slip ou d’un anneau. C’est naturel et zéro déchet, zéro hormone. Le principe est simple : les spermatozoïdes sont produits lorsque les testicules bénéficient d’une température qui se situent à 1 ou 2°C inférieure à celle du corps. Ces dispositifs remontent les testicules, provoquant une augmentation de la chaleur qui freine la production. L’avantage de cette solution est qu’elle peut être utilisée de manière temporaire pour les personnes qui veulent des enfants plus tard. Ca peut sembler angoissant de se reposer sur cette méthode seule (même si bien pratiquée, elle serait efficace à 99% !) mais on peut par exemple la coupler à la méthode dite de “symptothermie” chez la femme (observation du cycle, de la température et des glaires) pour partager la charge entre les deux membres du couple.
  • le préservatif, qui reste d’ailleurs la seule méthode qui protège aussi des MST, à privilégier avec des partenaires de passage et avant de s’être faits tester.
  • la méthode du retrait n’est pas une méthode contraceptive fiable !!! Se retirer avant l’éjaculation n’assure pas qu’aucun spermatozoïde n’ait été éjecté !!!
  • la vasectomie : souvent irréversible mais donc aussi une super solution quand on ne veut pas ou plus d’enfants, très courante et normalisée dans beaucoup de pays mais pas du tout dans les société natalistes (comme la France et la Belgique), il s’agit d’une opération qui dure environ 30 minutes, externe, sous anesthésie locale. En comparaison, la ligature des trompes, qui est souvent refusée car le corps médical est très paternaliste et que les femmes ne sont pas autorisées à faire leurs propres choix, toute “évoluée” que soit notre société, se pratique sous anesthésie générale, nécessite d’ouvrir le ventre et pour cela d’injecter du gaz qui provoque des effets secondaires pendant une à deux semaines (incapacité de travail éventuellement à prévoir), et qui touche des organes internes (cicatrisation plus lente, risques plus élevés).

Aux Etats-Unis, un couple sur six a choisi la vasectomie. Au Royaume-Uni et aux Pays-Pas, 15 à 20% des hommes sont vasectomisés. La vasectomie est légale en France seulement depuis 2001. Moins de 1% des hommes français l’ont pratiquée !

En France comme en Belgique, la plupart des femmes, même ayant eu des enfants, se voient refuser une ligature des trompes. Ne parlons même pas des nullipares… La plupart des gynécologues n’assurent même pas leur obligation d’information de la patiente et de la rediriger vers un confrère qui pratique l’opération. En effet, sous le motif que “tout docteur peut refuser de pratiquer une opération non-urgente sans justification”, la plupart des patientes sont renvoyées honteusement chez elles pour avoir osé demander de faire valoir leur droit de ne pas ou plus procréer.

Pourtant, dans les deux pays, la ligature des trompes est un droit dès 18 ans, sans aucune condition (accord du mari, avoir eu des enfants… que dalle !) si ce n’est d’être saine d’esprit lors de la demande (et d’attendre pendant un délai de réflexion imposé de 4 mois en France) !

Pour continuer à t’énerver un peu, sache que de nombreux pays, dans le passé mais aujourd’hui encore, encouragent (forcent) la ligature des trompes pour réduire les naissance (même si la demande ne vient pas de la femme), voire pour réduire la natalité dans certains sous-groupes (personnes pauvres, racisées…). En définitive, ce sont toujours de vieux mecs blancs cis qui décident de ce que nous faisons de notre utérus !

Bref, messieurs, si vous couchez avec des femmes, participez à la contraception, c’est aussi votre affaire !

En plus des vidéos suivantes, je te conseille le documentaire sur la contraception dans la série “Le sexe, en bref.” sur Netflix.

Des podcasts féministes

Je termine cet article avec une liste de podcasts féministes. Ces podcasts sont à écouter sur la plupart des plateformes de podcasts (Spotify, iTunes podcasts, Podcasts tracker sur Android…) et certains se retrouvent également sur Youtube (auquel cas il suffit de cliquer sur le nom du podcast dans la liste).

  • Le cœur du la table, un podcast sur l’amour comme remède à nos relations déséquilibrées et qui remet en question le couple hétéronormé et la pression sociale d’être en couple. Le cœur sur la table est en quelque sorte un “spin-off” du podcast Les couilles sur la table par la même auteure (Victoire Tuaillon) qui déconstruit la masculinité toxique. Spotify
  • Mansplaining, un podcast par un homme blanc cis hétéro qui se sait privilégié mais qui déconstruit brillamment la masculinité toxique dans des épisodes assez courts. Je trouve que ça fait un bien fou d’entendre un homme parler de ça, de cette manière. Spotify
  • YESSS, un podcast qui met en avant des témoignages de femmes (les “warriors”) qui racontent leurs gestes du quotidien pour démonter les préjugés, le patriarcat et la pression sociale. Spotify
  • Quoi de meuf, des discussions sur la place des femmes dans la société d’aujourd’hui, sa représentation dans les médias, et des revues de livres, films et séries. Spotify

Des livres sur l’émancipation féminine et l’inégalité des sexes

En termes de lecture, je vous conseille :

  • Le deuxième sexe* de Simone de Beauvoir (assez difficile à lire)
  • Sorcières* de Mona Chollet : LE livre que je conseillerais à n’importe qui
  • La magie du j’en ai rien à foutre* de Sarah Knight : même s’il n’est pas centré sur les femmes, je trouve que c’est une lecture d’utilité publique
  • Les livres illustrés* (Un autre regard sur…, Des princes par si charmants, La charge émotionnelle…) de Emma, sur la charge mentale, les inégalités de genre, race et classe, le monde du travail…

(*) En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Si tu n’as pas envie de passer par Amazon pour tes achats, tu peux soutenir le blog grâce à une participation consciente et volontaire. Cela me permet de ne pas mettre de publicité sur mon site (et j’espère bientôt de pouvoir arrêter l’affiliation chez Amazon). Plus d’informations ici.

Spread the love