Le village thermal de Kinosaki fait partie des onsen les plus faciles à visiter au Japon en tant que touriste. Dans cet article, je livre nos impressions sur le village, de bonnes adresses, et j’explique en détail comment se passe une visite aux onsen, pour éviter les faux-pas en tant que visiteur non-japonais.
Pourquoi visiter Kinosaki ?

L’argument principal qui nous a convaincus, c’est que Kinosaki est ouvertement " tattoo friendly" , c’est-à-dire que les établissements de onsen acceptent les personnes avec des tatouages, sans besoin de les cacher. Attention : si un ryokan dispose de bains sur place pour ses propres clients, il peut refuser les personnes tatouées (c’est peu probable, mais mieux vaut vérifier). Par contre, les bains publics acceptent les clients tatoués.
L’autre avantage est que la ville est facile d’accès. À 2 heures 30 de Kyoto, 3 heures de Osaka, ou 5 heures de Tokyo Station (trajets les plus rapides), on peut facilement s’y rendre pour une journée ou une nuitée, contrairement aux onsen de la région de Gifu, peu desservis par les transports publics, ou d’autres villes de onsen connues comme Beppu, qui se trouvent tout au sud du pays. Kinosaki onsen est accessible directement depuis la gare de Kinosaki sans prendre de bus, tram ou métro supplémentaire.
Conseils pour se rendre à Kinosaki depuis Tokyo, Kyoto, Osaka… (en anglais)
Kinosaki est bien située pour s’intégrer dans un itinéraire qui comprend Kyoto et Hiroshima, par exemple (comme nous l’avons fait quand nous y sommes allés).
Pour ne rien gâcher, la ville est très jolie, avec son célèbre canal qui invite à la balade, et on peut se baigner dans sept établissements différents.
Des points négatifs concernant Kinosaki ?
Malheureusement, cette facilité d’accès rend Kinosaki très populaire, il y a donc beaucoup de gens, ce qui se traduit par beaucoup de bruit (surtout dans les bains des femmes, mon mari n’a pas observé la même chose de son côté…). On a aussi trouvé très dommage que le trafic automobile ne soit pas mieux géré, il y avait beaucoup de passage de voitures dans des zones où les gens se baladent à pied, y compris le long du fameux canal et aux abords des onsen. À l’heure de pointe, où tout le monde quitte son logement ou arrive en ville, c’est assez gênant pour profiter de sa balade.
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À noter : nous y sommes allées du dimanche au lundi, en pensant que la plupart des gens seraient sur le départ (vu que les ryokan et hôtels doivent être libérés le matin, et que le pass pour les bains est valide jusqu’à 13h le jour du départ), peut-être le village est-il plus calme en plein milieu de semaine ? Cependant, je ne suis pas sûre que ça change vraiment le niveau de fréquentation, puisqu’il me semble qu’il y avait assez peu de Japonais.
C’est difficilement prévisible, mais on n’a pas eu de chance concernant la météo et il a plu très fort pendant notre journée sur place, du coup c’était désagréable de marcher d’un onsen à l’autre (surtout avec des chaussures ouvertes…), et le coup de froid humide à la sortie des bains faisait un peu s’évaporer les bienfaits relaxants du onsen…

À savoir à propos des onsen à Kinosaki
Les établissements de onsen, au nombre de sept, ferment tous pendant une journée fixe de la semaine, pour l’entretien des bains. Certains sont bien plus beaux que d’autres, ou présentent des particularités (bienfaits différents, température plus ou moins élevée, plusieurs bains…). Je te conseille de préparer ta liste à l’avance et de vérifier les jours de fermeture pour ne pas rater l’opportunité de te baigner dans un établissement en particulier.
Voir les sept bains de Kinosaki (page en français)
Certains bains sont en extérieur, d’autres en intérieur, et parfois les deux sont disponibles. Cela procure une expérience totalement différente, donc assure-toi de tester les deux.
Que faire, à part se baigner ?
Vu la température des bains, il n’est pas conseillé d’y rester très longtemps, ni d’enchaîner les onsen sans prendre une pause suffisante. Que faire entre deux baignades ?

Promenades dans la ville
La ville invite à la balade, en yukata (potentiellement en kimono pour les femmes), quelle que soit la saison. Il y a plusieurs endroits où manger ou boire, ainsi que des boutiques de souvenirs, où on peut entre autres acheter des sels de bain et autres poudres minérales censées recréer l’expérience du onsen à la maison. Le canal est probablement le plus bel endroit pour se balader, de jour comme de nuit.







Recommandations nourriture

- pour un café ou un lunch léger, le café Utsuroi Tsuchiya propose d’excellents cafés (on peut choisir les arômes qu’on préfère parmi une belle sélection), des egg sando (sandwichs aux œufs baveux dans un pain moelleux, excellents !) et d’autres choix (pâtisseries, hot dogs et autres sandwichs garnis, toasts…). L’ambiance est cosy et feutrée, et ils ont une magnifique fresque de Kinosaki sur l’un de leurs murs qui vaut le coup d’oeil.
- d’excellents cannelés sans gluten aromatisés au matcha, yuzu, sésame… (plus de 12 variétés + des saisonniers) et d’autres pâtisseries à découvrir chez Katashima Seikodo (à emporter).
- Kinosaki vinegar (en face de Katashima Seikodo), des préparations acidulées à base de vinaigre pour aromatiser cocktails, glaces ou encore eau pétillante (dégustation possible sur place).
- pour des bento (ekiben) au crabe ou au boeuf (avant d’embarquer dans un train longue distance, par exemple), direction Yamayoshi, à quelques pas de la gare (menu à emporter). Leurs bento étaient excellents, ils ont aussi un restaurant sur place que nous n’avons pas testé.




Bains pour les pieds
Pas envie de se baigner complètement ? Plusieurs onsen pour pieds sont répartis dans la ville. Un régal quand on a beaucoup marché pendant ses vacances et qu’on a les pieds fatigués ! Ils sont gratuits et en extérieur. Pense juste à emporter une petite serviette pour sécher tes pieds ensuite…
Vue panoramique sur la ville
Un téléphérique permet de monter sur les hauteurs de la ville pour une vue panoramique jusqu’à la mer du Japon, cependant quand nous y sommes montés il pleuvait tellement qu’on n’a rien pu voir. Il est possible de faire une balade depuis le temple Onsen-ji, accessible à la station intermédiaire, pour monter jusqu’au mont Daishi, ou redescendre jusqu’au village à pied. Informations sur le téléphérique.


Temples
Plusieurs temples se trouvent également à distance de marche du centre de Kinosaki, dont certains particulièrement jolis pendant la saison du momiji (couleurs automnales et érables).





Fun fact à propos de Kinosaki
Les Japonais sont très fiers de leurs eaux de qualité, et on trouve régulièrement des fontaines là où l’eau naturelle est potable. À Kinosaki, on peut carrément boire de l’eau de onsen, en ville, à différents points d’accès (dont un quasiment à la sortie de la gare). Oui, c’est chaud. Oui, c’est salé. Oui, ça reste une expérience à tester.
Loger en ryokan à Kinosaki
La ville de Kinosaki propose des ryokan (logements japonais traditionnels) pour tous les budgets. Les logements peuvent être réservés directement sur le site de la ville de Kinosaki (page de réservation en anglais). Réserver l’un de ces logements permet de profiter du forfait :
- nuitée
- petit déjeuner kaiseki (plusieurs petits plats variés)
- dîner kaiseki (plusieurs petits plats variés)
- une cérémonie du thé (optionnel)
- les serviettes, chaussettes, chaussures, yukata…
- emprunt de kimono pour les femmes (optionnel, uniquement pour les sorties en ville, pas pour visiter les onsen)
- le pass d’entrée pour les bains
Vérifie les informations auprès du ryokan avant la réservation, car les conditions peuvent toujours changer !
Certains ryokan disposent aussi de bains privés, gratuits ou en supplément, sur réservation ou pas, selon l’établissement.
À quoi s’attendre quand on entre dans un onsen (expérience détaillée)
Se préparer pour aller au onsen
Il n’y a pas grand chose à emporter avec soi. Il est conseillé de porter un yukata (un vêtement similaire à un kimono mais plus simple, en coton) et juste ses sous-vêtements dessous. Pense à des sous-vêtements faciles à remettre et qui sèchent bien, surtout si tu visites plusieurs bains.
Voir aussi : comment porter un yukata sans faire de faux-pas (en anglais, avec illustrations), le plus important étant de ne jamais croiser le pan droit par dessus le pan gauche, mais bien le contraire.
Si tu loges dans un ryokan officiel à Kinosaki, le yukata (et la petite veste assortie en automne et en hiver), les geta (sandales en bois traditionnelles) ou tongs, les tabi (chaussettes fendues à côté du gros orteil qui permettent d’enfiler des tongs) et les serviettes sont fournis, ainsi qu’un sac adapté pour les transporter. Ils fournissent aussi un pass d’accès aux onsen avec un cordon à porter autour du cou (sans ce pass, l’accès aux bains est payant).
Tu peux prévoir une pochette résistante à l’eau pour ton smartphone (il est interdit de les emmener à l’intérieur des bains, cependant tes serviettes seront humides) et n’oublie pas de prendre de la monnaie pour pouvoir acheter à boire. Pense aussi à prendre de quoi attacher tes cheveux, si ce n’est pas fait avant de quitter ton logement. Tu peux probablement laisser tout le reste au ryokan.
- Il pleut ? Des parapluies en prêt sont disponibles aux ryokans et à plusieurs endroits dans la ville. Attention, n’emporte pas un parapluie qui appartient à quelqu’un d’autre, ne prends un parapluie qu’aux endroits désignés ou à la réception du ryokan !
Les premiers pas dans l’établissement
La première chose commune à tous les onsen que nous avons visités, c’est qu’on entre dans une grande salle qui se compose comme ceci :
- le genkan, c’est-à-dire l’entrée où on se débarrasse de ses chaussures extérieures,
- un sol en bois, sur lequel il est interdit de marcher avec ses chaussures extérieures,
- des casiers avec une clé pour déposer ses chaussures uniquement,
- une zone de repos, à utiliser après les bains, pour attendre les personnes qui nous accompagnent par exemple ; on y trouve un distributeur de boissons à base de lait, et parfois de crèmes glacées,
- deux entrées séparées pour se diriger vers les bains pour hommes ou pour femmes.
Des personnes à l’entrée s’assurent que tout le monde respecte bien les règles. Avant d’avoir accès à cette salle, il faudra acheter un billet d’entrée ou faire scanner son pass.
Les vestiaires
Une fois qu’on a pénétré dans l’espace réservé aux femmes ou aux hommes, les vestiaires sont communs. Il s’agit d’une pièce avec des bancs au milieu (souvent), et des casiers individuels fermés à clé (on garde la clé avec soi, sur un bracelet). On y laisse absolument toutes ses affaires. Il est juste conseillé de prendre avec soi la petite serviette qui est fournie par le ryokan ou qu’on a emmené avec soi. Il s’agit de la fameuse serviette que les japonais déposent parfois sur leur tête pendant le bain. Cette serviette peut aussi s’utiliser pour cacher son intimité pendant qu’on se déplace.
Les règles à respecter à tout prix :
- il est interdit de porter un vêtement dans les bains, quel qu’il soit (y compris les bijoux),
- il est interdit d’emmener un smartphone ou tout appareil qui permet de filmer ; ils doivent être déposés dans les casiers.
On sort donc du vestiaire commun complètement nu et sans rien généralement, à l’exception de la petite serviette. Elle servira aussi à s’éponger un peu pour éviter de laisser trop d’eau goutter sur le sol des vestiaires, après le bain.
Note : quelques onsen avaient un vestiaire individuel dans le vestiaire commun (une petite cabine avec un rideau) mais ce n’est généralement pas le cas.
Les douches
Les douches sont également communes et sont obligatoires avant d’entrer dans les bains. La pièce se compose de douches alignées face à un mur. On prend sa douche assis, sur un des tabourets prévus à cet effet. Une bassine permet de se rincer à grandes eaux. Le gel douche et le shampoing sont disponibles sur place.
Il est interdit de pénétrer dans les bains avec du maquillage ou d’autres produits qui pourraient souiller l’eau. L’idéal est de ne pas porter de parfum, maquillage, crèmes cosmétiques… le jour où on a prévu de s’y rendre, mais si c’est le cas, il faut bien les enlever avant d’aller dans l’eau.
Concernant les cheveux, certains les lavent avant d’aller aux bains, d’autres les attachent. Vu que Kinosaki est une ville où on peut visiter plusieurs onsen pendant la même journée, et qu’elle est particulièrement agréable à visiter en automne et en hiver, je pense que c’est plus confortable de bien attacher ses cheveux plutôt que de les laver et de se balader en extérieur avec les cheveux humides, ou de devoir les sécher à chaque fois. Dans tous les cas, il est interdit de laisser ses cheveux tremper dans l’eau.
Les bains
Après le passage obligatoire à la douche, on peut profiter des bains. Selon l’établissement, il y en a un ou deux (rarement plus). Quand il y en a plusieurs, ils présentent généralement une grosse différence de température, et il est vivement conseillé de commencer par le moins chaud pour s’accomoder à la chaleur graduellement.
Pour la petite serviette, il y a parfois une étagère, des casiers ouverts, ou un autre endroit pour la déposer ou la pendre. Si tu choisis la méthode japonaise (sur la tête), fais bien attention à ne pas la faire tomber dans l’eau !
Sortir du bain
Après le bain, on peut se doucher, ou non. Les minéraux présents dans l’eau devraient être rincés, car il est préférable de ne pas les laisser sécher sur la peau. Cependant, si tu visites encore un bain après celui-là, tu devras à nouveau te doucher avant d’entrer, donc ce n’est pas toujours nécessaire de prendre une douche en sortant du bain.
Utilise la petite serviette pour retirer un maximum d’eau et ne pas goutter dans les vestiaires, ou prends le temps de faire glisser un maximum d’eau au sol avant de les rejoindre.
Les vestiaires sont équipés de sèche-cheveux si besoin.
La zone détente
De retour dans la grande salle, une zone d’attente et de détente permet de s’assoir sur des tatami et potentiellement d’acheter une boisson. Il y a des boissons au lait dans tous les onsen, car c’est ce que les Japonais boivent traditionnellement après les bains, c’est censé " rétablir " le corps après un bain très chaud. Cette zone permet aussi d’attendre les personnes de l’autre sexe avec qui on est venu, puisqu’il est interdit d’utiliser son smartphone dans les bains et les vestiaires.
Quitter l’établissement
Une fois prêt à partir, on repasse par les casiers à chaussures et on attend bien d’avoir quitté la zone en bois, surélevée, avant de remettre ses chaussures extérieures !
Pour clôturer : notre avis honnête sur Kinosaki
Nous n’avons pas de point de comparaison, puisque c’est à ce jour notre seule expérience en onsen.
Mon avis
Je n’étais pas très motivée à utiliser des bains publics parce que ce n’est pas habituel de se baigner nu dans les spas chez nous, mais finalement l’expérience s’est avérée beaucoup moins gênante que je ne le pensais (les seules personnes qui coulaient des regards vers moi étaient des touristes occidentales… mais j’en ai vite fait abstraction).
Cependant, globalement, je n’ai pas trouvé l’expérience totalement relaxante, pour deux raisons. Premièrement, il y avait beaucoup trop de gens dans les bains, qui étaient donc bruyants (les sons résonnent beaucoup dans ce type d’installation). C’était encore à l’époque où beaucoup de touristes venus de Chine visitaient le Japon, souvent en grand groupe, donc ça papotait beaucoup dans les bains et il y avait vraiment beaucoup de gens, même en soirée. Il a vraiment fallu aller jusqu’au onsen le plus reculé du centre et assez tard au soir pour qu’il y ait un peu moins de gens dans les bains côté femmes (la plupart des bains ferment à 23h). A priori, il y avait beaucoup plus de fréquentation du côté des femmes et elles avaient plus tendance à papoter, alors que du côté des hommes il paraît que c’était vraiment calme.
L’autre chose qui a un peu gâché l’expérience, c’est la pluie (bien sûr, on ne peut pas y faire grand chose, c’était un manque de chance…). Le fait de se déplacer à pied d’un onsen à l’autre, de se refroidir sous la pluie, de marcher dans des flaques… interrompait directement la relaxation procurée par les bains. Les différents établissements ne sont pas juste à côté les uns des autres, on ne pouvait pas juste passer d’un bain à l’autre sans être impactés par la pluie. (Certaines personnes utilisent des taxis ou navettes pour éviter le problème.) Un conseil : c’est moche, mais s’il pleut, mieux vaut enfiler une paire de chaussures fermées, parce que les flaques sont quasiment inévitables, et avec des chaussures ouvertes ce n’est pas très agréable… (même les geta, montées sur leurs " talons " de bois, ne permettent pas d’éviter totalement d’avoir les pieds mouillés). L’alternative, c’est de porter ces chaussures sans les tabi, pour éviter de garder les pieds mouillés après le passage dans une flaque…
Comme déjà mentionné, le fait qu’il y ait du trafic automobile dans des rues où on se balade gâche un peu le cadre magnifique de la ville.
L’avis du mari
L’arrivée dans la ville était surprenante, par rapport aux photos sur Internet et au site de la ville, je ne m’attendais pas à arriver dans une rue commerçante avec beaucoup de restaurants, de magasins, et de voitures. Tout le monde passe le long du fameux canal, il y avait beaucoup plus de monde, d’agitation et de bruit que ce à quoi on s’attendait en consultant les informations sur le web à propos de Kinosaki.
La première traversée de la ville, sous la pluie, avec le froid et les vapeurs des onsen visibles dans l’air avait un côté fantastique et onirique que j’ai trouvé très agréable.
Malgré la météo, j’ai aimé la montée vers le temple onsen-ji (avec le téléphérique), la vue des érables rougeoyants entourés des vapeurs de onsen et de la brume créée par la pluie valait le coup. Nous étions quasiment seuls aux alentours du temple, vu la météo, c’était vraiment cool. La descente sur les marches tantôt en pierre, tantôt en bois, donnait ce sentiment d’être totalement isolés de la civilisation et me rappelait certaines randonnées que nous avions faites dans des coins reculés du Japon, alors qu’on n’était qu’à quelques centaines de mètre de la ville effervescente.
L’arrivée au ryokan était mémorable. La première chose qui m’a frappé, c’était les dizaines et dizaines de geta et sandales alignées à l’entrée. Le propriétaire était très fier de son auberge, un peu exubérant et très speed. Il voulait absolument nous prendre en photo avec notre smartphone, à différents endroits à l’entrée du ryokan prévus à cet effet, c’était juste dommage qu’il l’ait fait quand nous portions encore nos vêtements plutôt que le yukata, mais on avait du mal à refuser vu son entrain !
La chambre traditionnelle était très jolie, simple, calme, et en entre-ouvrant la fenêtre, on pouvait profiter du son de l’eau du onsen appartenant au ryokan (deux petits bains, privatisables l’après-midi, ouverts avec une séparation hommes/femmes le matin), ce qui m’a directement détendu. Nous avons profité d’une cérémonie du thé donnée par la mère du propriétaire, le matcha après ces premiers pas sous la pluie était réconfortant. Les deux bains du ryokan étaient très chouettes. Le premier était une caverne, l’autre était à ciel ouvert avec une cascade et des arbres alentours. Nous n’avons pas eu de difficulté à privatiser et tester les deux lors de notre première journée. C’était une bonne manière de faire nos premiers pas dans un onsen sans la pression d’être observés par d’autres personnes ! La conception est très similaire à un onsen public (vestiaires, douches…) mais à plus petite échelle.
Le repas au ryokan (kaiseki) était gargantuesque, c’était bon, diversifié. Je me rappelle aussi du saké au crabe qui valait vraiment le coup d’être testé ! Ça aurait été parfait si on avait pu prendre le repas en chambre pour profiter du bruit de l’eau sous notre fenêtre, mais ce n’était plus une option au moment de notre séjour. Le petit déjeuner était aussi très copieux (surtout en considérant la taille du repas la veille au soir…), en plus il comportait plusieurs plats assez rassasiant (dont un gruau de riz servi en trop grande quantité à notre goût).
Le soir, nous avons tenté d’enfiler des geta pour nous promener dans la ville, et sur un sol humide, c’était tendu ! Il faut un moment pour s’habituer à ces chaussures, mais une fois qu’on a trouvé le truc, c’est hyper agréable et étrangement confortable, ça garde les pieds au frais ! Avec beaucoup moins de voitures en soirée dans les rues, j’ai vraiment compris l’attrait de la ville et trouvé ce charme de carte postale et ce calme que je m’attendais à expérimenter. Le héron qui se baladait le long du canal sans se soucier des touristes qui les entourent m’ont donné l’impression d’être dans un Ghibli !
Les bains étaient relativement vides le soir (du côté des hommes), du coup je me suis carrément retrouvé seul pendant quelques minutes dans un magnifique onsen avec une cascade et des rochers. Je pense que je pourrais aller au onsen tous les jours, si j’en avais l’opportunité ! Je ne me suis jamais autant détendu que dans ces bains, la chaleur, le fait d’être au Japon, le calme dans les bains… En plus, malgré mes tatouages, je ne me suis pas senti épié ou jugé (si c’était le cas, c’était assez discret pour ne pas me déranger).
En résumé, j’ai trouvé que la formule ryokan avec les repas et les bains privés sur place valait vraiment le coup, le temple onsen-ji était vraiment sympa, la balade en soirée en yukata est vraiment un must-do, et les cannelés trouvés en ville étaient excellents. Si je devais y retourner, j’éviterais juste d’y aller un weekend, pour voir si la ville est moins fréquentée.






