Dernière mise à jour le 9 février 2026
Pendant des années, de ma pré-adolescence à l’aube de mes trente ans, j’ai acheté beaucoup trop de vêtements. Petite, je me fascinais pour les défilés de mode, les tenues marginales, les looks photographiés dans la rue aux alentours de la fashion week. Cette fascination s’est muée en sur-consommation, les beaux vêtements sont devenus des pièces de fast-fashion peu portées, aussi vite oubliées.
Après avoir aimé la mode pendant des années, à coups de virées shopping trop nombreuses, j’ai décidé d’adopter d’une garde-robe minimaliste et de rendre aux vêtements leur place privilégiée.
- Je me mettais une énorme pression
- Malgré la taille de mon dressing, je n’avais jamais rien à me mettre !
- J’ai été choquée en apprenant l’histoire des vêtements que je portais
- Je ne voulais plus me faire plumer par le marketing
- Mes vêtements ne me rendaient pas heureuse
- Les résultats après avoir abandonné mon dressing débordant pour une garde-robe minimaliste, il y a des années
Vouloir se limiter à une garde-robe de 33 pièces, arrêter d’acheter des vêtements à toutes les saisons, ne plus suivre les tendances, faire un énorme tri et désencombrer alors que des milliers de youtubeuses nous font visiter leurs dressings gigantesques et nous font rêver…
Pourquoi ce revirement complet dans ma manière de consommer et d’apprécier la mode ?
Je me mettais une énorme pression
En essayant d’être toujours " à jour " en terme de tendances, d’avoir les bonnes pièces et de les porter au bon moment, et de ne jamais porter deux fois la même tenue, je me mettais une grosse pression. Je m’étais engouffrée dans une spirale où j’avais l’impression que mes tenues vestimentaires étaient tout le temps scrutée. J’étais hyper exigeante à propos de l’image que je renvoyais, ce qui me poussais évidemment à acheter plus que nécessaire, à passer beaucoup de temps à me préoccuper de mon image…
Le pire étant que, plus on se regarde, plus on augmenta la pression qu’on fait planer sur soi, et plus on ressent cette pression, plus on se regarde… un cercle sans fin
En plus, ça m’incitait aussi à poser un oeil critique sur les autres femmes, à juger sans cesse leurs vêtements, et probablement à me comparer à elles ! Cette " passion " pour la mode me rendait obsédée par le physique et l’apparence.
D’autres articles à découvrir pour compléter cette réflexion :
- Se défaire de notre obsession de la beauté et de l’apparence des femmes
- Pourquoi il n’est jamais bon de se comparer et comment arrêter
- Est-ce grave de porter tout le temps les mêmes tenues ?
Rappel : les influenceur·euses sont payé·es pour porter des tenues différentes tous les jours et donner envie aux personnes qui les suivent, c’est leur manière de se faire connaître et de gagner leur vie. Ces personnes sont littéralement payées pour faire dépenser ! Ce n’est pas ton cas, alors n’essaie pas de vivre comme elles.
Malgré la taille de mon dressing, je n’avais jamais rien à me mettre !
Je croulais sous les vêtements mais je passais un temps dingue devant ma penderie, à me demander chaque soir ce que j’allais mettre le lendemain pour le boulot, ou avant chaque sortie à passer en revue une quantité de tenues astronomique.
Une perte de temps et d’énergie qui me menait parfois à la crise de nerfs parce que rien n’allait, l’image renvoyée par le miroir ne me convenait pas, ou les vêtements ne ressemblaient pas à ce que j’avais à l’esprit.
Je me souviendrai toujours de cette fois où je devais aller faire les courses au supermarché du coin, où j’ai passé plus d’une heure dans mon dressing, à passer des tenues et à me déshabiller, pour finir par pleurer en boule sous ma couette, parce que je n’avais " rien à me mettre" , qu’aucune tenue n’était assez bien. Pour aller au supermarché.
Des scènes de ce genre, où j’étais complètement incapable de m’habiller, j’en ai vécu beaucoup trop.
Pourquoi je n’arrivais pas à m’habiller, alors que j’avais littéralement une pièce dédiée au stockage de tous mes vêtements ? Premièrement, j’avais tellement de vêtements que j’étais frappée de paralysie du choix. Pire encore, j’avais énormément de choses, mais pas d’harmonie dans ma garde-robe. Deuxièmement, j’avais l’impression que je devais toujours être " à la hauteur " dans ma manière de m’habiller, que je devais atteindre un certain standard.

Lire aussi :
- Comment définir son style vestimentaire
- Pourquoi il est important de créer une garde-robe capsule et comment faire
J’ai été choquée en apprenant l’histoire des vêtements que je portais
Je n’avais jamais questionné mes habitudes de consommation, ou l’impact de mes achats. À un niveau personnel, c’était imperceptible tant les vêtements que j’achetais étaient bon marché.
Cependant, dès que j’ai entendu parler de fast fashion, de l’impact écologique et social de la fabrication des vêtements pas chers, des stratégies qui poussent à l’achat plus que nécessaire, je n’ai plus réussi à fermer les yeux.
Je me suis renseignée, j’ai lu des livres sur le sujet, regardé des documentaires, commencé à suivre des influenceur·euses qui alertaient sur les problèmes liés au secteur du textiles et qui partageaient leur vision d’une mode slow et éthique.
Mon ancien blog mode, où je partageais mes " tenues du jour ", m’a permis de me rendre compte de l’ampleur du problème, de toutes les choses que j’avais achetées au fil du temps, des idées que je partageais avec les gens qui visitaient mon espace, de tous ces morceaux de tissu que je n’avais portés qu’une fois… Je ne voulais plus être cette consommatrice, je n’avais plus envie de participer à cette catastrophe.
L’industrie textile est l’une des plus polluante au monde, car elle génère énormément de déchets. Les vêtements bon marché ont une durée de vie très courte et ne sont généralement pas recyclables à cause de leur mauvaise qualité. En plus de ça, il faut compter les milliers de kilomètres parcourus par les matières premières et les produits finis, pour bénéficier de la main d’oeuvre la plus compétitive. Par exemple, la fabrication de vêtements qui seront vendus en occidents passe souvent par une sous-traitance en Chine, qui elle-même sous-traite la production et le traitement des tissus (coloration, tissage…) à des pays encore plus compétitifs comme l’Inde ou le Bengladesh.
La pollution n’est pas le seul problème : pour fabriquer ces vêtements à des prix si bas, des personnes sont exploitées, sous payées, à l’autre bout du monde. Des êtres humains qui deviennent malades, travaillent beaucoup plus que ce que leur contrat prévoit, sans être payés plus, ne voient pas leur famille… juste pour qu’on puisse changer de vêtements tous les trois mois. Le pire ? Ces ateliers ne fabriquent pas que les vêtements bon marchés, mais aussi ceux plus chers, voire certaines marques de luxe…
Je ne voulais plus me faire plumer par le marketing
Après avoir étudié l’impact de la fabrication des vêtements, je me suis penchée sur le phénomène global de la sur-consommation. En matière de vêtements, l’industrie de la mode elle-même a mis en place un système bien huilé qui pousse à acheter plus que raison en pratiquant des prix très bas (quitte à rogner toujours plus sur la qualité), en rentrant de nouvelles collections toutes les semaines (avant, il y avait quatre collections par an, pour chaque changement de saison), en organisation des promotions tout au long de l’année…
Quoi de mieux, pour nourrir la sur-consommation, que le marketing d’influence ? Énormément de créateurs et créatrices de contenu gagnent leur vie en faisant acheter des objets, et la mode n’échappe pas à cette tendance. Le côté insidieux du marketing d’influence, c’est la proximité ressentie à travers les relations parasociales entretenues avec ces stars du web.
Puisqu’on peut clairement s’identifier à quelqu’un qui poste ses photos du quotidien sur les réseaux sociaux, on a l’impression que c’est normal de posséder autant que tenues que cette personne, ou que c’est naturel de faire évoluer sa vie autant du concept " d’esthétique ", comme si nous étions tous et toutes continuellement soumis·es au regard des autres.
Une fois qu’on prend conscience de cette influence, c’est plus facile de la regarder avec un regard critique et de s’en détacher. J’ai arrêté de consommer plein de choses pour cette raison. Je me félicite d’avoir appris à penser par moi-même, d’être capable de faire la différence entre ce que je veux vraiment et ce que la société de consommation veut me faire acheter.
Sur le même sujet : Résister au marketing d’influence dans les hobbies, et commencer une nouvelle activité créative sans accumuler du matériel
Mes vêtements ne me rendaient pas heureuse
Acheter quelque chose procure un petit pic de joie, qui est vite oublié une fois l’objet déballé et rangé. Quand j’arrivais à assembler une tenue qui me plaisait, je ressentais aussi de la joie, mais c’était vite balayé dès lors que je ne me trouvais plus devant un miroir (ou quand je commençais à me sentir ma dans mes fringues, parce que c’était inconfortable, ou que j’avais aperçu un défaut dans un coin de vitrine…).
Même le fait de posséder un dressing, une pièce complète où j’exposais mes vêtements, ne me faisait rien. Il s’agissait d’un rêve nourri par la société de consommation, mais une fois cette objectif atteint, la pièce sacrée s’est vite fondue avec le reste des meubles et est devenue un élément du quotidien.
Le fait de ressentir du bonheur lorsqu’on achète quelque chose, et que ce sentiment s’estompe ensuite, correspond au concept d’adaptation hédonique, une tendance naturelle chez l’être humain à s’habituer aux choses et à ne plus les apprécier autant que lorsqu’elles représentaient une nouveauté.
Finalement, quand on porte beaucoup d’attention à son apparence, à l’image qu’on renvoie, on s’intéresse plus au ressenti des autres qu’à son propre ressenti.

Les résultats après avoir abandonné mon dressing débordant pour une garde-robe minimaliste, il y a des années
Est-ce que j’ai ressenti les effets escomptés, suite à ce changement de relation avec les vêtements ? Complètement !
J’ai réévalué ce qui était important pour moi, et j’ai découvert qu’on pouvait privilégier le confort et l’aspect pratique, se privilégier. Je me rends compte à quel point notre relation à la mode peut devenir malsaine et avoir de lourdes conséquences sur notre image de nous, sur notre manière de dépense de l’argent, sur notre charge mentale…
En résumé :
- Je m’habille beaucoup plus facilement, j’ai adopté des principes qui me permettent de ne pas me disperser, de posséder peu de vêtements mais avoir plus de cohérence. Ma règle, c’est que tout doit s’accorder, que je dois pouvoir piocher n’importe quel haut et n’importe quel bas et les porter sans devoir réfléchir.
- Je passe beaucoup moins de temps à me scruter dans le miroir, à essayer de déterminer si je suis assez bien pour les autres. Je pense avant tout à moi, à me sentir bien dans ce que je porte.
- Je gaspille évidemment moins d’argent, j’achète des vêtements maximum une fois par an, sauf si j’ai besoin d’un basique rapidement.
- J’ai gagné de la place, plus besoin de consacrer une pièce complète au stockage de mes vêtements !
- Je sais ce qui me va, je connais les coupes et les couleurs dont je ne me lasse pas.
Je t’ai donné envie ? Découvre ce guide pratique dédié aux vêtements, pour désencombrer tes vêtements puis créer une garde-robe " capsule " ou minimaliste qui te permet de t’habiller facilement et rapidement !







Je n'ai pas de garde robe capsule à proprement dit mais je limite mes achats! Je ne sais hélas pas acheter éthique ou de seconde main car je fais une grande taille et c'est assez compliqué. Ceci dit depuis quelque temps je réfléchi toujours à 2 fois avant d'acheter quelque chose! Maintenant quand j'achète un vêtement, c'est d'office un qui me plait vraiment et qui me vas vraiment! Bien sur j'ai encore un peu de tri à faire mais je porte tout ce que j'ai dans mon placard. Il est très rare de ne pas savoir comment m'habiller (enfin sauf quand je veux absolument mettre un truc qui est au lavage! lol) Je n'ai pas 2o mille pièces, je remets toujours les même chose mais ça me convient! J'ai bien sur encore une robe que je garde pour certaines occasion mais c'est très limité!
Du coup je dirai que oui, les fringues que j'ai me conviennent et me rende heureuse mais bon ce n'ai clairement qu'une petite source de bonheur! Disons que si j'aime mes fringues, je me sens bien habillée, je me sens mieux dans ma peau, plus confiante en moi et ça joue sur tout les reste.
Merci pour ton point vue intéressant ça m'aide à cogiter sur le sujet pour les prochains articles et même pour ma rélfexion personnelle 🙂