Dernière mise à jour le 12 janvier 2026

Cela fait plus de dix années que je suis " minimaliste ". Je ne vis pas dans une tiny house, je ne dors pas sur un matelas au sol dans une maison sans aucun meuble. Ma vision du minimalisme, c’est tout simplement de consommer ce dont j’ai besoin, de consommer mieux et moins, de ne pas consommer pour consommer.

Pourtant, avant de décider de changer ma manière de consommer, j’adorais acheter et accumuler, tout et n’importe quoi. Pendant des années, j’ai gaspillé de l’argent, des ressources, du temps… à collectionner des vêtements, des cosmétiques, des bougies, et tout un tas d’autres choses.

Dans cet article, je décris mon parcours, les choses qui m’ont fait changer, les étapes de ma transition vers une consommation raisonnée.

Avant-propos : concernant l’achat compulsif

Quand j’ai publié pour la première fois cet article, je l’avais titré de manière abusive, sans le réaliser, " D’acheteuse compulsive à minimaliste" . Or, l’achat compulsif est un trouble mental, comparable à une addiction, pouvant occasionner des comportements à risque (vol, escroquerie, mise en danger personnel) et des problèmes financiers sévères. Si tu te trouves dans cette situation, recherche de l’aide auprès d’un médecin et confie la gestion de tes biens à une personne qui t’aidera pendant la période de transition.

En toute transparence, je n’ai jamais atteint le stade où je me mettais en danger pour pouvoir continuer à acheter et amasser des choses, je ne suis pas du tout qualifiée pour donner des conseils aux personnes qui sont dans cette situation. Une prise en charge médicale et administrative sont nécessaires.

Cependant, le fait d’adorer acheter des choses et de ne pas être capable de se réfréner peut être une première étape qui mène vers le développement d’achats compulsifs. S’attaquer au problème avant qu’il ne devienne incontrôlable est donc primordial. (Plus d’informations dans cet article Pourquoi devient-on acheteur compulsif)

J’ai accumulé depuis que je suis adolescente

Depuis que j’ai eu de l’argent de poche, j’ai développé un " plaisir " à acheter, collectionner, et accumuler. J’ai la chance d’avoir été éduquée par des parents qui avaient peur des dettes, et qui m’ont toujours appris à dépenser uniquement l’argent que j’avais et à en économiser une partie. Grâce à eux, je n’ai jamais été endettée.

Cependant, mettre de l’argent de côté chaque mois ne m’empêchait pas de m’adonner un peu trop souvent au shopping, puisqu’on peut acheter énormément de choses à petit prix

À l’époque, j’étais convaincue que ces achats ne faisaient aucun mal.

Ce n’est qu’avec le recul, et des réflexions qui ont été nourries par mes lectures, mes rencontres, ma remise en question personnelle, la remise en question du système… je me suis rendu compte que " faire du shopping " n’est pas censé être un hobby, qu’on est censé·e aller dans les magasins quand on a besoin d’acheter quelque chose, pas quand on s’ennuie, pour chercher ce qu’on va bien pouvoir acheter…

L'image met en exergue le texte du paragraphe précédent

L’ère du tout jetable

J’ai longtemps rédigé un blog " mode ", ce qui m’a permis de me rendre compte plus tard, en regardant toutes les photos de tenues que j’avais postées, que la plupart des vêtements que j’achetais ne restaient même pas une année en ma possession !

Quand j’ai fait le grand tri dans mes articles sur le blog, que j’ai passé en revue toutes ces photos de " tenues du jour ", je n’en revenais pas. Je ne me souvenais même pas avoir possédé la plupart de ces vêtements avant de les revoir en photo. Je ne me souvenais même pas ce que j’en avais fait (donné ? vendu ?), mais une chose était sûre : j’avais jeté de l’argent par les fenêtres pendant des années. Des petites sommes toujours, mais mises bout-à-bout… ça donne un total pas du tout anodin.

Je me souviens avoir une fois compté mes chaussures quand j’étais ado ou jeune adulte, j’avais plus de 20 paires de chaussures rien que pour l’automne/hiver. (Aujourd’hui, j’en ai 7 paires, toutes saisons confondues, y compris mes chaussures de sport et de randonnée.)

Bien sûr, je n’avais jamais les bonnes chaussures pour aller avec ma tenue. Ou alors je la possédais, mais vu qu’elle était cachée dans le fond d’une armoire, dans une boîte au-dessus ma garde-robe ou derrière autre chose, je ne m’en rappelais même pas. Je n’exagère rien, j’ai été cette fille. Je n’avais strictement rien à me mettre, alors que j’avais plusieurs centaines de vêtements.

Je faisais du shopping comme s’il s’agissait d’un passe-temps. Pendant des années, l’acte d’achat était banal, c’était un loisir comme un autre. Et mes achats n’avaient aucun sens ! Ils ne m’apportaient rien, si ce n’était le plaisir de collectionner, de montrer ma tenue une ou deux fois, puis de passer à autre chose. Quand j’arrivais à accorder mes nouvelles acquisitions avec le reste de ma garde-robe…

La peur de manquer… de shampoing ?

Les vêtements n’étaient pas mon seul problème. J’avais amassé un nombre honteux de produits cosmétiques. Je ne savais jamais ce que je possédais. Et pourquoi j’achetais tout ça en avance ? Je voulais tout posséder, tout tester, j’avais peur de manquer. Pourtant, je n’ai jamais connu une situation où je manquais de quelque chose dont j’avais besoin.

Lire aussi : Non, acheter à l’avance ne permet pas d’économiser de l’argent (et autres bonnes raisons d’arrêter de faire du stock)

Je passais des heures, tous les quelques mois, à tout vider, lister, compter, ranger. Un véritable inventaire digne d’un magasin ! J’avais un demi buffet (oui, dans ma cuisine !) rempli de mes produits cosmétiques (plus un meuble dans la salle de bains avec les produits en cours d’utilisation, plus mon meuble à maquillage dans la chambre…).

Quand je vidais tout pour trier, recenser, lister… ça donnait ça :

La photo montre plusieurs boîtes remplies de cosmétiques éparpillés sur le sol lors d'une session d'inventaire

Du coup d’une fois à l’autre, le produit de derrière venait devant, ou la boîte de droite allait à gauche, mais bon, le lendemain, j’étais déjà incapable de remettre là main sur quoi que ce soit.

La photo montre les produits cosmétiques qui remplissent la moitié d'un grand meuble buffet de cuisine

Est-ce que j’étais mieux dans ma peau ou plus heureuse qu’aujourd’hui grâce à tous ces produits ? Bah, nan.

Le pire, c’est que lorsque j’ai décidé d’utiliser des produits bio, j’ai " souffert " de ce surplus : j’ai appris que les cosmétiques traditionnels contenaient beaucoup d’ingrédients nocifs, donc j’ai décidé que je ne voulais plus les utiliser ! Pourtant, j’en avais plein en stock, j’ai dû me forcer à les utiliser, trouver des personnes à qui en donner, en jeter une partie… Ça m’a énervée, ça m’a dégoûtée, et ça aurait pu me servir de leçon…

Et pas du tout ! Une fois mon stock de produits conventionnels liquidé, j’ai répété exactement la même erreur avec les produits bio : j’avais peur de manquer, donc j’ai recommencé à stocker d’avance, sans raison.

Une grande maison pour tout stocker tous ces produits

J’ai vécu dans des maisons jusqu’à passé 25 ans. Alors évidemment, je profitais de tout cet espace pour amasser. J’avais le même comportement pour tout. Quand j’allais au supermarché, j’entassais la nourriture dans le caddie, comme si on se préparait à une guerre. J’ai un grand congélateur ? Vas-y que je le bourre. J’ai des placards ? On va les remplir, de toute façon c’est de la nourriture qui se garde des années.

J’avais une caisse remplie de bougies parfumées, que j’ai mis des années et des années à terminer. Juste parce que ça a été une mode. J’achetais de la déco parce qu’elle me plaisait, pas parce que j’avais de la place pour la mettre. J’avais plus d’une caisse de thés, aussi parce que ça a été une tendance et que je voulais suivre la masse.

Le déclic

On me demande souvent comment ou pourquoi j’ai décidé de devenir minimaliste. Aujourd’hui, je ne me souviens plus très bien du cheminement concret, mais ça a été un cocktail :

  • ma sensibilité à l’écologie et à l’éthique qui commençait à se développer,
  • ma séparation avec un ex qui était hyper matérialiste et superficiel,
  • le fait de devoir déménager quasiment du jour au lendemain dans un espace beaucoup plus petit (et voir mes possessions entassées dans la camionette, voir le volume que ça occupait),
  • la conférence de Bea Johnson, suivie de la lecture de son livre " Zéro Déchet ", qui sont arrivées pile au bon moment dans ma vie.

Peut-être aurais-je entamé ce virage autrement, plus tard, peut-être jamais. Les choses se sont passées de manière un peu brusque pour moi, puisque l’élément central du changement a été ce déménagement imprévu et peu plaisant, mais ça m’a précipitée vers un mode de vie qui me convient bien mieux et que je suis toujours contente d’avoir adopté, plus de dix ans plus tard.

Je ne me prive pas aujourd’hui, je n’y pense même pas, c’est comme se déshabituer de la cigarette ou de la malbouffe, on ressent les résultats et on se demande comment on a pu faire ça pendant des années.

Ce que le minimalisme m’a apporté

Je n’en finis pas de voir les avantages qu’un mode de vie plus simple et moins matérialiste apporte. Être moins concentrée sur les objets m’a permis de me retrouver, de me poser des questions sur ce que je voulais dans ma vie et ce que je ne voulais plus, mais aussi d’entreprendre une réorientation de carrière après avoir pris une pause, une des meilleures décisions que j’ai prises dans ma vie.

Je n’y serais clairement pas arrivée si j’étais aussi dépendante de ma consommation, de mon argent, et donc de mon boulot, quand je dépensais la majeure partie de mon argent disponible dans n’importe quoi, tous les mois.

Et l’effet rebond après un désencombrement ?

Cela fait 10 ans que j’ai adopté ce nouveau style de vie. Il ne définit pas qui je suis (même si pendant quelques années, en apprendre plus sur le minimalisme et expérimenter un mode de vie plus sobre étaient une véritable passion) mais il s’est intégré à ma vie.

En toute transparence, il y a des périodes où ça se passe mieux, des moments où je ne dois pas y penser. Il y a aussi des périodes où je me surprends à acheter de nouveau plus que nécessaire, ou à faire un mauvais achat que je n’ai pas assez réfléchi. C’est généralement une réaction à une période de stress, de fatigue, ou de confusion. Ça ne représente pas un retour en arrière, juste une petite erreur de parcours.

L’important, c’est que je finis par m’en rendre compte, et que je corrige le tir. Devenir " minimaliste " (ou vivre sobrement, déconsommer, consommer raisonnablement, quelle que soit l’étiquette qu’on met là-dessus) est un cheminement au quotidien, une expérience que l’on adapte tout au long de sa vie pour répondre à la situation du moment, aux besoins actuels et aux contraintes temporaires.

L’important, c’est de prendre les bons réflexes et d’être capable de s’observer pour détecter les périodes où on risque de refaire des erreurs, mais aussi d’accueillir toutes ces erreurs comme autant de leçons qui nous enseignent comment les éviter dans le futur et pourquoi on les a commises.

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Lecture

Podcast/Livre/Blog/Documentaire

  • The Minimalists (en anglais) sont une référence dans le monde de la sobriété. Même si leur vision du minimalisme ne convient pas à tout le monde, on peut s’inspirer d’une partie de leurs conseils. Leurs livres sont traduits en français, les documentaires peuvent être regardés avec des sous-titres français, le blog et le podcast sont en anglais. Ils proposent aussi une série de livres numériques gratuits en anglais.

Quelle est ton expérience du minimalisme ? Comment as-tu commencé, où penses-tu te situer dans le processus ?

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