Organiser son espace, retrouver ses affaires, éviter les distractions, tenir ses engagements… sont autant de défis quotidiens auxquels font face la plupart des personnes atteintes d’un TDAH. Cependant, il est possible de mettre en place des actions pour réduire le " bruit " qui cause autant de stress et d’anxiété au quotidien.

Sans être une solution miracle, le désencombrement (la diminution des possessions et des achats, la réorganisation de son espace mais aussi la simplification et l’alègement de la charge mentale) peut aider à mieux s’y retrouver et s’organiser au jour le jour.

J’écris cet article en tant que personne atteinte d’un TDAH, diagnostiqué sur le tard, qui a développé beaucoup de mécanismes de compensation sans s’en rendre compte, en devenant sur-organisée mais aussi en me passionnant pour le désencombrement (c’était mon intérêt spécifique pendant quelques années).

Avec le recul, j’ai réalisé que les tris dans mes objets et mes engagements m’avaient indirectement permis de me réguler et parfois d’éliminer certains défis du quotidien.

C’est quoi, le " désencombrement " ?

Pour commencer, si la notion est nouvelle pour toi, définissons le désencombrement. Il s’agit d’un grand tri de ses possessions (et parfois aussi d’un tri dans la charge mentale) pour se débarrasser du superflu. La notion de superflu est propre à chaque personne, l’idée générale est de posséder ce qui nous est réellement utile et agréable.

Pour aller plus loin, après avoir désencombré, on adopte de nouvelles habitudes de consommation pour éviter de se réencombrer (le but n’est pas de devoir trier et ranger tous les quelques mois) : on réfléchit avant d’acheter et on laisse passer un peu de temps pour éviter les achats impulsifs, par exemple.

Désencombrer n’est pas la même chose que ranger !

Le lien entre désordre, distraction et procrastination

L’avantage le plus évident du désencombrement, c’est la diminution des distractions, et donc des oublis. Lorsqu’on possède trop d’objets, on peut se laisser submerger par le désordre : plus on a de choses, plus c’est pénible de ranger, plus on laisse traîner ses objets en dehors des meubles.

C’est ainsi que naît le bordel. Qui dit choses qui traînent, dit aussi :

  • Culpabilité de ne pas réussir à garder une maison rangée et ordonnée.
  • Parfois, difficulté de nettoyer suffisamment souvent son intérieur parce qu’il y a trop de choses à déplacer pour pouvoir passer le chiffon ou la serpillère.
  • Distractions : notre train de pensée est facilement interrompu lorsque nos yeux tombent sur un objet, ce qui déclenche des pensées parasites et nous fait oublier quelque chose d’important, ou recommencer notre réflexion de zéro.

Moins on a d’objets, plus c’est facile de ranger (et indirectement, de nettoyer).

Les objets qui traînent à vue sont des sources de distraction qu’on peut facilement éliminer.

Une place pour chaque chose

Lorsqu’on n’arrive pas à ranger régulièrement, les objets se perdent et on passe du temps à les chercher, ce qui peut causer du stress (parce qu’on est déjà en retard, parce qu’on a besoin de l’objet en urgence…).

L’une des règles à respecter en matière de désencombrement et d’organisation, c’est " Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place" .

Mais pour pouvoir définir un emplacement pour chaque objet qu’on possède, il faut bénéficier de suffisamment d’espace de rangement. Le mauvais réflexe serait d’acheter plus de meubles, des systèmes de rangement et d’organisation… sauf qu’ils complexifient la tâche !

Nous, au contraire, on veut que les gestes pénibles et peu intéressants soient faciles et rapides !

Le bon réflexe est donc d’éliminer le superflu pour pouvoir facilement attribuer une place fixe à chaque objet et le retrouver facilement. Ensuite, pour que ça fonctionne, la seule discipline à développer est de remettre un objet à sa place attribuée dès qu’on a fini de l’utiliser.

Rangement moins pénible

Quand on achète des systèmes de rangement, on complexifie le simple geste de remettre quelque chose à sa place. L'idéal, c'est de limiter l'acte de rangement à un seul geste (généralement, ouvrir une porte ou un tiroir). Pour se faciliter la tâche, on peut aussi enlever les couvercles inutiles. Ainsi, si un enfant rechigne à ranger ses jouets, il ne faut pas hésiter à enlever le couvercle du coffre à jouets ! C'est pareil pour les adultes et les compartiments-organiseurs d'étagères dont le couvercle n'est pas indispensable.

Sur des étagères sans portes, des paniers (sans couvercles !) permettent d’organiser ses objets et de leur attribuer une place (Unsplash – Cabri Caldwell)

Souvent, je conseille aux gens de ne pas laisser traîner leurs affaires sur les meubles, car cela nécessite un dépoussiérage plus fréquent. Cependant, pour une personne atteinte d’un TDAH, ce type de rangement au-dessus d’un meuble permet de se rappeler plus facilement de remettre les choses à leur place, avec très peu d’efforts.

On peut adopter ce type de rangement dans le hall d’entrée, pour y laisser tout ce qu’on a besoin de retrouver rapidement (clés, portefeuille, téléphone, montre…), mais il est à bannir dans les endroits où on a besoin de concentration (bureau) ou les pièces faites pour se détendre (salon).

(Unsplash – Jeff Sheldon)

Tu veux continuer à simplifier ta vie pour plus de clarté et moins de charge mentale ? Je travaille sur mon prochain guide pratique dédié à l’organisation et à la simplification du quotidien.

Il comportera également des templates prêts à l’emploi pour mettre en pratique rapidement les méthodes d’organisation et de simplification que j’ai moi-même adoptées au quotidien et qui m’aident à alléger ma charge mentale.

Tu peux t’inscrire sur cette liste pour être informé·e de sa disponibilité future. En attendant, n’hésite pas également à me faire part de ce qui te fait perdre du temps dans la vie de tous les jours, ou de toute autre question qui aurait sa place dans ce guide !

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La taxe TDAH, les achats impulsifs et les doublons

La " taxe TDAH " désigne un ensemble de dépenses inhérentes aux défis du TDAH : les majorations sur les factures qu’on ne paie pas à temps, mais aussi les achats impulsifs, ou encore le rachat d’objets qu’on possède déjà parce qu’on n’arrive plus à mettre la main dessus !

La taxe la plus facile à éliminer grâce au désencombrement, c’est l’achat de produits et objets en double. Dans certains cas, l’accumulation de choses et le désordre sont tels qu’on n’arrive plus à mettre la main sur ce dont on a besoin, voire qu’on oublie carrément son existence !

Résultat : on abandonne les recherches et on rachète quelque chose dont on n’avait littéralement pas besoin, mais qui en plus va participer à l’encombrement de la maison (parce qu’il faudra le ranger, l’entretenir… alors qu’on n’avait déjà pas la place et la motivation nécessaires).

Posséder moins de choses, c’est retrouver ce dont on a besoin plus facilement mais aussi ne plus oublier des objets cachés dans le fond d’un placard encombré.

En développant sa sensibilité à l’encombrement et aux objets qui entrent chez nous, on peut aussi progressivement parvenir à mieux se réguler dans ses achats. Ce point-ci est plus difficile, puisqu’il s’agit de travailler sur sa volonté et son impulsivité, mais je pense vraiment que le désencombrement peut aider beaucoup de personnes sur ce point.

Quand on adopte de bonnes habitudes de rangement, c’est plus facile de rester motivé·e. Aussi, faire le tri dans ses affaires permet de se rendre compte de l’argent gaspillé, des habitudes et réflexes qui ne nous servent pas, et de conscientiser pour développer une motivation intrinsèque (le seul type de motivation qui fonctionne pour la plupart des personnes avec un TDAH !).

Ralentir avant de se lancer dans une nouvelle passion

D’ailleurs, le désencombrement n’est pas seulement une question d’objets. J’ai beaucoup travaillé sur le désencombrement de mon mental pour m’aider à me lancer dans moins de hobbies simultanément et pour réfléchir à ceux qui m’intéressent vraiment ou ceux qui ne sont qu’une lubie très passagère.

J’ai aussi appris à choisir dans quels activités je veux m’investir pour épargner mon énergie, mon argent et mon temps, même si " tout m’intéresse " et que j’ai envie de " tout essayer ".

Cette volonté de faire le tri " dans ma tête " était une suite logique à mon désencombrement matériel, je ne m’y serais probablement jamais penchée si je n’avais pas commencé par le tri de mes affaires.

Non seulement, il s’agit d’adopter des stratégies similaires, mais en plus, le désencombrement m’a permis de réaliser tout ce que j’avais acheté pour rien, sur un coup de tête, parce que je veux faire trop de choses.

Lire aussi : Comment éviter la surconsommation dans les loisirs

Résumé : Ce qu’on gagne grâce au désencombrement

  • C’est plus facile de nettoyer, car il ne faut pas déplacer beaucoup de choses avant de s’y mettre. Donc, on repousse moins cette tâche peu motivante !
  • On est moins distrait·e par les objets qui traînent et qui attirent notre attention, donc on se concentre mieux sur ce qu’on fait et on oublie moins souvent les pensées en train de se former dans notre esprit.
  • On retrouve plus facilement ses objets quand ils sont bien rangés… et on range mieux quand on a moins de choses à ordonner.
  • Posséder juste ce dont on a besoin permet de retrouver plus facilement ce qu’on cherche et d’éviter d’oubier ce qu’on possède déjà !
  • Le désencombrement peut être un déclencheur pour les personnes qui n’arrivent pas à trouver la motivation de freiner leurs achats impulsifs.
  • Désencombrer ses objets peut aider à désencombrer son mental et à moins s’éparpiller.

Comment se lancer dans le désencombrement avec un TDAH ?

Alors, c’est bien beau tout ça, mais si le désencombrement nous est souvent bénéfique, il peut aussi s’avérer extrêmement difficile à commencer. Voici quelques pistes.

  • Le plus important, c’est d’essayer et de trouver petit à petit ce qui marche pour toi, personnellement ! N’essaie pas de trouver la méthode magique du premier coup, vois ça comme une quête principale dans laquelle il faut progresser par paliers.
  • Prends le temps de réfléchir aux avantages, projette-toi dans ton futur intérieur, pense aux avantages et à ce que tu as à gagner. Cependant, souviens-toi qu’il vaut mieux faire moyennement que laisser le perfectionnisme te paralyser !
  • Commence par un type d’objet facile à trier (sans attachement émotionnel, comme la cuisine), ou par celui qui te pose énormément de problèmes (parce que ton niveau de motivation devrait être aux max dans ce cas !) – Conseil : 5 types d’objets faciles à désencombrer
  • Définis un périmètre auquel tu peux t’attaquer dans un temps défini (15 minutes, 30 minutes, une heure maximum…) et utilise un minuteur. L’important, c’est de terminer ce que tu as commencé, alors ne vois pas trop grand.
  • Réfléchis à la première étape, maximum aux deux ou trois premières étapes, mais n’essaie pas de dresser un plan complet de tout ce qu’il y a à faire : d’une part, le plan peut changer en cours de route, et d’autre part, l’ampleur de la tâche pourrait te décourager.
  • Trouve une manière de suivre ton avancement : tiens un journal de désencombrement, fais des listes à cocher… pour satisfaire ton besoin de récompense et de réalisation. – Comment créer un journal de bord du désencombrement
  • Rends ça amusant ! Développe une manière d’en faire un jeu, écoute un livre audio ou de la musique… Cependant, ne laisse pas à portée de main ce qui peut te déconcentrer, comme ton smartphone ! Lance ton podcast, livre audio, ou ta musique, et laisse l’appareil dans une autre pièce.
  • Attention à l’engouement excessif ! Par exemple, il existe des jeux qui permettent de désencombrer, comme le " bingo ", où chaque jour on doit faire sortir autant d’objets que la date du jour (1 objet le 1er du mois, 2 objets le deuxième jour…), mais prends garde à ne pas te défaire d’objets dont tu as besoin parce que le jeu t’y a poussé, mais bien parce que ça t’aide vraiment. – Éviter les regrets quand on désencombre
  • Pour te motiver, tu peux aussi chercher des groupes en ligne : vous pouvez comparer vos réalisations et partager vos obstacles, ou utiliser la technique du body-doubling (doublage corporel)* en vous donnant rendez-vous virtuellement pour effectuer une séance de tri simultanément.

*Le body-doubling est une stratégie pour se motiver à faire quelque chose en travaillant au même type de tâche avec une ou plusieurs personnes. C’est pourquoi certaines personnes étudient beaucoup mieux dans une bibliothèque ou dans un groupe d’étude, sont incapables de travailler seules depuis la maison ou trouvent soudainement de la motivation pour les tâches ménagères quand leur partenaire s’y met.

Encore des questions sur le désencombrement ? Des doutes, des obstacles ? Laisse-moi un commentaire !

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