À l’ère du service sur abonnement, as-tu déjà réfléchi au coût réel et au coût utile des plateformes de streaming (films et séries, mais aussi musique, livres électroniques, jeux vidéo, articles de presse…) ? De nouveaux services voient sans cesse le jour, les prix augmentent chaque année, la publicité commence à percer sur des plateformes pour lesquelles on paie déjà… Et si on faisait le tri ?

Déterminer les plateformes réellement utiles

De plus en plus de personnes lancent un film ou une série en arrière-plan pendant qu’elles scrollent sur leur smartphone. Sans même soulever l’impact de telles pratiques sur notre concentration et notre énergie, ce type de comportement présente un autre problème : on ne consomme pas vraiment le média qui joue en arrière-plan.

Le problème des plateformes de streaming, c’est qu’on n’a pas l’impression de payer pour les médias qu’on regarde, écoute, lit…. La réalité, c’est qu’on paie un abonnement pour y avoir accès, même si ces coûts se perdent parmi tous les autres prélèvements sur notre compte en banque.

Si tu veux faire le tri dans tes abonnements, la première étape est donc de réfléchir à ton utilisation réelle de ces plateformes : y a-t-il vraiment du contenu intéressant pour toi et que tu consommes avec attention ?

Est-ce que le contenu sur cette plateforme m’est vraiment utile ?

Choisir consciemment ce que tu veux consommer

Cette impression de ne pas payer nous incite aussi à nous contenter de contenu moins bon, qui nous convient moins. Si tu veux réaliser à quel point ces services te sont utiles ou non, il faut réapprendre à sélectionner ce que tu regardes, lis ou écoutes de manière consciente.

Ça passe aussi par l’évaluation, après-coup, de ce que tu as consommé, pour te rendre compte de ton niveau de satisfaction général, au lieu de lancer la lecture en mode automatique et d’oublier ce que tu as consommé juste avant.

Plutôt que de chercher des choses à consommer pour " rentabiliser " son abonnement, on devrait plutôt se demander si on rentabilise notre abonnement en consommant ce qui nous plaît vraiment.

Attention, les abonnements annuels sont un piège courant : certes, tu économises de l’argent à l’année, en comparant au prix mois-par-mois sur une année complète, mais ça signifie aussi que tu ne peux pas arrêter ton abonnement quand tu veux ! Si, après quelques mois, tu te rends compte que tu n’utilises pas suffisamment la plateforme, tu es bloqué·e.

En fait, l’abonnement a perfectionné l’art de l’imperceptibilité. " Chacun d’entre nous possède un palier en dessous duquel il ne regarde pas à la dépense " […] " Mon utilisation effective est inférieure à ce que j’anticipais au moment où j’ai souscrit. "

" On veut tous rationaliser nos abonnements, on le dit, on va le faire, et on ne le fait pas " : l’économie de la souscription, empire discret de notre quotidien (Les Echos, 30 janvier 2026) 

Posséder, louer ou s’abonner

Si les services de streaming étaient vraiment bon marché il y a quelques années, c’est de moins en moins le cas. Aujourd’hui, il faut se questionner sur l’argent " économisé " à payer un abonnement par rapport à ce que ça nous coûterait d’acheter ou louer uniquement ce qui nous intéresse vraiment et qu’on choisit consciemment.

Pour les médias que tu consommes régulièrement, c’est parfois plus intéressant d’acheter leur version physique. En effet, les catalogues des services de streaming changent sans cesse, et ce film que tu regardes au moins une fois par an ne sera peut-être plus disponible sur celle à laquelle tu es abonné·e.

Résultat ? Tu prends un autre abonnement, ou tu dois quand même louer le film ou le racheter en version dématérialisée, en plus de ce que tu paies déjà pour tes services en cours.

Aujourd’hui, la question du retour au support physique (y compris un fichier dont tu es propriétaire) se pose vraiment : c’est la seule manière de posséder quelque chose sans qu’on puisse te l’enlever du jour au lendemain, même si tu l’as payé.

Les services de streaming se sont rendus nécessaires en nous poussant à nous débarrasser de nos DVDs, CDs et autres médias, grâce à des prix imbattables à l’époque. Heureusement, le marché de seconde main regorge de ces produits à petits prix.

De plus, on a l’impression de faire une bonne affaire parce qu’on a accès à des centaines ou des milliers de titres pour " moins cher ", mais si on n’en profite pas vraiment, ce n’est pas rentabilisé.

" Le numérique pèse entre 5 et 10% du budget des ménages aujourd’hui "

Streaming vidéo et audio, cloud, applications, IA… À combien s’élève votre budget numérique ? (RTBF actus, 01 février 2026)

Faire le point sur ses abonnements

Régulièrement, fais le tour de tes services de streaming en cours d’abonnement pour te demander si tu ne pourrais pas arrêter, au moins pendant un moment. Si nécessaire, mets un rappel dans ton agenda tous les trois ou six mois.

Si tu t’abonnes pour regarder une série en particulier, programme un rappel pour te souvenir te mettre fin à ton abonnement quand tu auras fini. S’il s’agit d’une série dont les épisodes sortent semaine après semaine, attends la fin de la saison pour commencer ton abonnement et regarder la série à ton rythme !

La fatigue décisionnelle nous pousse souvent à zapper pendant de longues minutes, pour parfois finir par ne rien regarder. Mais ce temps passé à juste parcourir le catalogue de ces services, tu le paies ! Si tu as moins d’abonnement en cours, tu as moins de titres à passer en revue. Limite donc le nombre de services similaires auxquels tu es inscrit·e simultanément, et regarde tout ce qui t’intéresse sur cette plateforme avant de prendre un autre abonnement (après avoir mis fin au premier !).

Cette accumulation pose une question centrale : celle de l’accessibilité. Culture, information, divertissement, mais aussi outils professionnels, deviennent de plus en plus conditionnés à la capacité financière des ménages. […] À mesure que ces services deviennent indispensables pour s’informer, se divertir ou travailler, la frontière entre dépense de confort et dépense contrainte tend à disparaître. À terme, l’enjeu ne sera plus seulement de choisir à quels abonnements renoncer, mais de préserver un accès au numérique sans qu’il ne devienne un nouveau facteur de fracture sociale.

Streaming : une dépense mensuelle qui pourrait atteindre 75 euros par foyer d’ici 2030 (Breizh-info, 15 janvier 2026)

Et pour éviter d’oublier de se désabonner, la meilleure technique, c’est de réfléchir à deux fois avant de commencer un abonnement, de ne pas se laisser entraîner par une mode, la pression sociale, une promotion…

En résumé, comment faire le tri dans ses services de streaming et économiser

  • Même si ces coûts passent inaperçus, ils sont bien réels : ne les perds pas de vue.
  • Évalue régulièrement ton utilisation réelle : qualité de ce que tu as consommé, temps effectivement passé sur la plateforme, nombre d’utilisations par mois…
  • Limite tes abonnements pour réduire la fatigue décisionnelle et les coûts : avec une, maximum deux plateformes, d’un même type (films/séries, anime, musique, livres…) tu as accès à un catalogue bien assez grand. Cesse un abonnement avant d’en commencer un nouveau.
  • Pour les médias consommés régulièrement, la possession du média en question sur support physique est plus rentable et plus sûre.
  • Programme des rappels pour penser à faire le point et arrêter les abonnements dont tu n’as pas besoin pour le moment.
  • Évite la consommation passive, essaie de t’habituer au silence plutôt que de lancer quelque chose en arrière-plan pendant que tu es trop occupé·e pour pouvoir suivre.

Le plus gros danger, avec ces coûts récurrents, c’est de s’endormir dessus, qu’ils deviennent tellement " évidents ", banalisés, qu’on ne les considère pas comme éliminables, qu’on les oublie, qu’ils deviennent automatiques et nécessaires, au même titre que la facture d’électricité ou d’eau…

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