Je ne sais pas exactement quel a été le déclic, où a commencé la prise de conscience (même si j’ai quelques idées), mais aujourd’hui je regarde en arrière, je jette un œil critique sur la consommatrice que j’ai été pendant plus de 10 ans, je n’arrive pas à comprendre mon ancien moi, à comprendre le plaisir que je ressentais (ou pensais ressentir), le manque de discernement…
Si on m’avait dit dans le passé que je vivrais, de mon plein gré, avec 33 pièces pour m’habiller, j’aurais ri.

J’ai accumulé depuis que je suis adolescente

Depuis que j’ai de l’argent de poche, j’ai développé un “plaisir” à acheter, collectionner, et accumuler. J’ai de la chance d’avoir été éduquée par des parents qui avaient peur des dettes, et qui m’ont toujours appris à dépenser uniquement l’argent que j’ai. Mais en même temps, j’ai longtemps eu pour seul loisir avec ma maman les séances shopping que l’on faisait quand j’étais jeune. Alors acheter des vêtements plusieurs fois par mois, c’était une habitude bien ancrée.

A ce moment-là, je n’avais pas conscience de mon comportement. Nous étions loin d’être les seules à voir le shopping comme un passe-temps, puisque c’est aussi une des rares activités que nous pratiquions avec mes copines pendant les études (à côté des virées-friterie et des beuveries d’étudiants…).

Ce n’est qu’avec le recul dont je bénéficie aujourd’hui que je me rends compte que “faire du shopping” n’est pas censé être un hobby, qu’on est censé aller dans les magasins quand on a besoin d’acheter quelque chose, et pas d’aller dans les magasins quand on s’ennuie, pour chercher ce qu’on va bien pouvoir acheter…

L’ère du tout jetable

J’ai longtemps rédigé un blog “mode”, ce qui m’a permis de me rendre compte plus tard que la plupart des vêtements que j’achetais ne restaient pas une année en ma possession. Quand j’ai fait le grand tri de mes articles sur le blog, que j’ai passé en revue toutes ces photos de “tenues du jour”, je n’en revenais pas. Je ne me souvenais même pas avoir possédé la plupart de ces vêtements avant de les revoir en photo, je ne sais pas non plus ce que j’en ai fait, mais une chose est sûre, j’en ai jeté de l’argent par les fenêtres.

Je me souviens avoir une fois compté mes chaussures quand j’étais ado ou jeune adulte, j’avais plus de 20 paires de chaussures rien que pour l’automne/hiver.

J’en parle dans cet article (et je vous y révèle combien de paires de chaussures toutes saisons confondues j’ai aujourd’hui !) :


Beaucoup de chaussures

Mais bien sûr, je n’avais jamais celle que je voulais ou qui allait avec ma tenue. Ou alors je la possédais, mais vu qu’elle était cachée dans le fond d’une armoire, dans une boîte sur ma garde-robe ou derrière autre chose, je ne m’en rappelais même pas. Je n’exagère rien, j’ai été cette fille. Je n’avais strictement rien à me mettre, alors que j’avais plusieurs centaines de vêtements.

J’ai fait du shopping comme s’il s’agissait d’un passe-temps. Pendant des années, l’acte d’achat était banal, c’était un loisir comme un autre.

La peur de manquer… de shampoing ?

J’ai amassé un nombre honteux de produits cosmétiques. Je ne savais jamais ce que j’avais. Et pourquoi j’achetais tout ça en avance ? Pourquoi en amasser un tel nombre ? Je voulais tout posséder, tout tester, j’avais peur de manquer. Je passais des heures, tous les x mois, à tout vider, lister, compter, ranger. J’avais un demi buffet (oui, dans ma cuisine !) rempli de mes produits (plus un meuble dans la salle, plus ceux qui étaient “exposés”, plus mon meuble à maquillage…).


Lire aussi : Pourquoi il ne faut pas acheter à l’avance, faire du stock, garder au cas où…


Donc quand je vidais tout pour trier, recenser, lister… ça donnait ça :

Trop de cosmétiques qu'il faut trier régulièrement

Du coup d’une fois à l’autre, le produit de derrière venait devant, ou la boîte de droite allait à gauche, mais bon le lendemain évidemment j’étais déjà incapable de remettre là main sur quoi que ce soit.

Le pire, c’est que lorsque je suis passée au bio, j’ai “souffert” de ce surplus, je ne savais pas quoi en faire, ça m’a énervée, dégoûtée une première fois…
Je n’avais pas encore appris ma leçon puisque, une fois mon stock de produits conventionnels plus ou moins vidé, j’ai refait exactement la même chose avec les produits bio ! Et les ingrédients Aroma Zone !

Quand on devient blasé de l’achat

A force d’amasser, on n’a même plus le plaisir d’aller acheter un produit neuf quand il vient de sortir, vu qu’on ne peut quand même pas l’utiliser, vu qu’on a d’autres choses déjà entamées et d’autres à utiliser ensuite… Finalement, le plaisir de l’achat ne dure que le temps de l’acte d’achat, quelques minutes au plus… Puis il faut recommencer.

A ça s’ajoute le fait que je veux me concentrer sur la vie, le moment, les événements, au lieu de perdre du temps (et de l’argent, et de l’énergie) avec des objets. J’ai donc décidé d’avoir un minimum de produits en privilégiant les produits bruts et multi-usage.

Une grande maison pour tout stocker

J’ai toujours vécu dans des maisons, jusqu’à passé 25 ans. Alors évidemment, je profitais de tout cet espace pour amasser.

J’avais le même comportement pour tout. Quand j’allais au supermarché, j’entassais la nourriture dans le caddie, comme si on se préparait à une guerre. J’ai un grand congélateur ? Vas-y que je le bourre. J’ai des placards ? On va les remplir, de toute façon c’est de la nourriture qui se garde des années.

J’ai une caisse remplie de bougies parfumées. Juste parce que ça a été une mode. J’achetais de la déco parce qu’elle me plaisait, pas parce que j’avais de la place pour la mettre. J’ai plus d’une caisse de thés.

Le déclic

On me demande souvent comment ou pourquoi j’ai décidé de devenir minimaliste. Aujourd’hui, je ne me souviens plus très bien du cheminement concret, mais ça a été un cocktail : ma sensibilité à l’écologie et à l’éthique qui commençait à se développer, ma séparation avec mon ex qui était hyper matérialiste, le fait de devoir déménager quasiment du jour au lendemain dans un espace beaucoup plus petit, et la conférence, suivie de la lecture du livre, de Bea Johson, qui sont arrivées pile au bon moment dans ma vie. Peut-être que j’aurais entamé ce virage autrement, plus tard, peut-être jamais. Les choses se sont passées de manière un peu brusque pour moi, puisque l’élément central du changement a été ce déménagement imprévu et peu plaisant, mais je ne regrette rien.

Je ne me prive pas aujourd’hui, je n’y pense même pas, c’est comme se déshabituer de la cigarette ou de la malbouffe, on ressent les résultats et on se demande comment on a pu faire ça pendant des années.


Consciente des bienfaits de cette nouvelle vision des choses, de ce que ça m’a apporté, et de l’impact positif sur l’environnement pour ne rien gâcher, j’ai décidé d’aider les gens à entamer leur transition, via ce blog, via mon livre, via mon coaching personnalisé, mes ateliers, conférences et cours en ligne.


d'acheteuse compulsive à minimaliste

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