Je ne sais pas exactement quel a été le déclic, où a commencé la prise de conscience (même si j’ai quelques idées), mais aujourd’hui je regarde en arrière, je jette un œil critique sur la consommatrice que j’ai été pendant plus de 10 ans, je n’arrive pas à comprendre mon ancien moi, à comprendre le plaisir que je ressentais (ou pensais ressentir), le manque de discernement…

J’ai accumulé depuis que je suis adolescente

Depuis que j’ai de l’argent de poche, j’ai développé un “plaisir” à acheter, collectionner, et accumuler. J’ai de la chance d’avoir été éduquée par des parents qui avaient peur des dettes, et qui m’ont toujours appris à dépenser uniquement l’argent que j’ai et à en économiser une partie. Mettre de l’argent de côté chaque mois ne m’empêchais pas de m’adonner un peu trop souvent au shopping, puisqu’on peut acheter quantité de choses à petit prix sur le net ou dans les grandes enseignes… A l’époque, j’étais convaincue que ces achats ne faisaient aucun mal.

Ce n’est qu’avec le recul dont je bénéficie aujourd’hui que je me rends compte que “faire du shopping” n’est pas censé être un hobby, qu’on est censé aller dans les magasins quand on a besoin d’acheter quelque chose, pas quand on s’ennuie, pour chercher ce qu’on va bien pouvoir acheter…

L’ère du tout jetable

J’ai longtemps rédigé un blog “mode”, ce qui m’a permis de me rendre compte plus tard que la plupart des vêtements que j’achetais ne restaient pas une année en ma possession. Quand j’ai fait le grand tri de mes articles sur le blog, que j’ai passé en revue toutes ces photos de “tenues du jour”, je n’en revenais pas. Je ne me souvenais même pas avoir possédé la plupart de ces vêtements avant de les revoir en photo, je ne sais pas non plus ce que j’en ai fait, mais une chose est sûre, j’en ai jeté de l’argent par les fenêtres. Des petites sommes toujours, mais mises bout-à-bout… on arrive à un total pas anodin.

Je me souviens avoir une fois compté mes chaussures quand j’étais ado ou jeune adulte, j’avais plus de 20 paires de chaussures rien que pour l’automne/hiver.

Aujourd’hui, j’en ai beaucoup moins toutes saisons confondues

Un souvenir du passé…
Beaucoup de chaussures

Mais bien sûr, je n’avais jamais celles que je voulais ou qui allaient avec ma tenue. Ou alors je la possédais, mais vu qu’elle était cachée dans le fond d’une armoire, dans une boîte sur ma garde-robe ou derrière autre chose, je ne m’en rappelais même pas. Je n’exagère rien, j’ai été cette fille. Je n’avais strictement rien à me mettre, alors que j’avais plusieurs centaines de vêtements.

J’ai fait du shopping comme s’il s’agissait d’un passe-temps. Pendant des années, l’acte d’achat était banal, c’était un loisir comme un autre.

La peur de manquer… de shampoing ?

J’ai amassé un nombre honteux de produits cosmétiques. Je ne savais jamais ce que j’avais. Et pourquoi j’achetais tout ça en avance ? Pourquoi en amasser un tel nombre ?

Je voulais tout posséder, tout tester, j’avais peur de manquer. Je passais des heures, tous les x mois à tout vider, lister, compter, ranger. J’avais un demi buffet (oui, dans ma cuisine !) rempli de mes produits cosmétiques (plus un meuble dans la salle de bains avec les produits en cours d’utilisation, plus ceux qui étaient “exposés”, plus mon meuble à maquillage dans ma chambre…).


Lire aussi : Pourquoi il ne faut pas acheter à l’avance, faire du stock, garder au cas où…


Donc quand je vidais tout pour trier, recenser, lister… ça donnait ça :

Trop de cosmétiques qu'il faut trier régulièrement

Du coup d’une fois à l’autre, le produit de derrière venait devant, ou la boîte de droite allait à gauche, mais bon le lendemain évidemment j’étais déjà incapable de remettre là main sur quoi que ce soit.

Le pire, c’est que lorsque je suis passée au bio, j’ai “souffert” de ce surplus, je ne savais pas quoi en faire, ça m’a énervée, dégoûtée une première fois…
Je n’avais pas encore appris ma leçon, puisque une fois mon stock de produits conventionnels plus ou moins vidé, j’ai refait exactement la même chose avec les produits bio !

Une grande maison pour tout stocker

J’ai toujours vécu dans des maisons, jusqu’à passé 25 ans. Alors évidemment, je profitais de tout cet espace pour amasser.

J’avais le même comportement pour tout. Quand j’allais au supermarché, j’entassais la nourriture dans le caddie, comme si on se préparait à une guerre. J’ai un grand congélateur ? Vas-y que je le bourre. J’ai des placards ? On va les remplir, de toute façon c’est de la nourriture qui se garde des années.

J’ai une caisse remplie de bougies parfumées. Juste parce que ça a été une mode. J’achetais de la déco parce qu’elle me plaisait, pas parce que j’avais de la place pour la mettre. J’ai plus d’une caisse de thés.

Le déclic

On me demande souvent comment ou pourquoi j’ai décidé de devenir minimaliste. Aujourd’hui, je ne me souviens plus très bien du cheminement concret, mais ça a été un cocktail : ma sensibilité à l’écologie et à l’éthique qui commençait à se développer, ma séparation avec mon ex qui était hyper matérialiste et superficiel, le fait de devoir déménager quasiment du jour au lendemain dans un espace beaucoup plus petit, et la conférence, suivie de la lecture du livre, de Bea Johson, qui sont arrivées pile au bon moment dans ma vie.

Peut-être aurais-je entamé ce virage autrement, plus tard, peut-être jamais. Les choses se sont passées de manière un peu brusque pour moi, puisque l’élément central du changement a été ce déménagement imprévu et peu plaisant, mais je ne regrette rien.

Je ne me prive pas aujourd’hui, je n’y pense même pas, c’est comme se déshabituer de la cigarette ou de la malbouffe, on ressent les résultats et on se demande comment on a pu faire ça pendant des années.

Ce que le minimalisme m’a apporté

Je n’en finis pas de voir les avantages qu’un mode de vie plus simple et moins matérialiste apporte. Être moins concentrée sur les objets m’a permis de me retrouver, de me poser des questions sur ce que je voulais dans ma vie et ce que je ne voulais plus, mais aussi d’entreprendre une réorientation de carrière après avoir pris une pause, une des meilleures décisions que j’ai prises dans ma vie. Et je n’y serais clairement pas arrivée si j’étais toujours dépendante de ma consommation, de mon argent, et donc de mon boulot.


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