Je ne sais pas exactement quel a été le déclic, où a commencé la prise de conscience (même si j’ai quelques idées), mais aujourd’hui je regarde en arrière, je jette un œil critique sur la consommatrice que j’ai été pendant plus de 10 ans avant ça, je n’arrive pas à comprendre mon ancien moi, à comprendre le plaisir que je ressentais (ou pensais ressentir), le manque de discernement…
Si on m’avait dit dans le passé que je vivrais, de mon plein gré, avec 33 pièces* pour m’habiller, j’aurais ri.

A ce moment-là, je n’avais pas conscience de mon comportement.

Je parcours régulièrement les anciennes pages de mon blog pour chercher des infos ou des photos, et je me rends compte que la plupart des vêtements que j’achetais ne restaient pas une année en ma possession. Pour la plupart, je ne me souvenais même pas les avoir possédés avant de les revoir dans mes articles “tenue du jour”**, je ne sais pas non plus ce que j’en ai fait, mais une chose est sûre, j’en ai jeté de l’argent par les fenêtres.

Je me souviens avoir une fois compté mes chaussures quand j’étais ado ou jeune adulte, j’avais plus de 20 paires de chaussures rien que pour l’automne/hiver. Mais bien sûr jamais celle que je voulais ou qui allait avec ma tenue. Ou alors je la possédais, mais vu qu’elle était cachée dans le fond d’une armoire, dans une boîte sur ma garde-robe ou derrière autre chose, je ne m’en rappelais même pas. Je n’exagère rien, j’ai été cette fille.

J’ai fait du shopping comme s’il s’agissait d’un passe-temps (mais en fait, c’est vraiment le cas pour la plupart des gens non ?) pendant des années, l’acte d’achat était banal, c’était un loisir comme un autre.

J’ai amassé un nombre honteux de produits cosmétiques. Je ne savais jamais ce que j’avais. Et pourquoi j’achetais tout ça en avance ? Pourquoi en amasser un tel nombre ? Je voulais tout posséder, tout tester, j’avais peur de manquer. Je passais des heures, tous les x mois, à tout vider, lister, compter, ranger. J’avais un demi buffet (oui, dans ma cuisine !) rempli de mes produits (plus un meuble dans la salle, plus ceux qui étaient “exposés”, plus mon meuble à maquillage…).

Donc quand je vidais tout pour trier, recenser, lister… ça donnait ça :

Du coup d’une fois à l’autre, le produit de derrière venait devant, ou la boîte de droite allait à gauche, mais bon le lendemain évidemment j’étais déjà incapable de remettre là main sur quoi que ce soit.

Le pire, c’est que lorsque je suis passée au bio, j’ai “souffert” de ce surplus, je ne savais pas quoi en faire, ça m’a énervée, dégoûtée une première fois…
Je n’avais pas encore appris ma leçon puisque, une fois mon stock de produits conventionnels plus ou moins vidé, j’ai refait exactement la même chose avec les produits bio ! Et les ingrédients Aroma Zone !

Aujourd’hui, j’ai un peu moins de volume, je n’ai “plus que” ça comme produits finis en stock d’avance, mais c’est encore vachement, vachement trop. Surtout que j’ai aussi encore une caisse de produits Aroma Zone pour fabriquer mes cosmétiques moi-même.

A force d’amasser, on n’a même plus le plaisir d’aller acheter un produit neuf quand il vient de sortir, vu qu’on ne peut quand même pas l’utiliser, vu qu’on a d’autres choses déjà entamées et d’autres à utiliser ensuite. Finalement, le plaisir de l’achat ne dure que le temps de l’acte d’achat, quelques minutes au plus…

A ça s’ajoute le fait que je veux me concentrer sur la vie, le moment, les événements, au lieu de perdre du temps (et de l’argent, et de l’énergie) avec des objets, et que j’ai donc décidé d’avoir un minimum de produits en privilégiant les produits bruts et multi-usage.

J’avais le même comportement pour tout. Quand j’allais au supermarché, j’entassais la nourriture dans le caddie, comme si on se préparait à une guerre. J’ai un grand congélateur ? Vas-y que je le bourre. J’ai des placards ? On va les remplir, de toute façon c’est de la nourriture qui se garde des années.

J’ai une caisse remplie de bougies parfumées. Juste parce que ça a été une mode. J’achetais de la déco parce qu’elle me plaisait, pas parce que j’avais de la place pour la mettre. J’ai plus d’une caisse de thés.

Je ne me prive pas aujourd’hui, je n’y pense même pas, c’est comme se déshabituer de la cigarette ou de la malbouffe, on ressent les résultats et on se demande comment on a pu faire ça pendant des années.

* référence au projet 333 auquel je me suis essayée pendant une petite année
** mon blog était à la base un blog mode où je postais mes photos de looks, et je m’habillais en fast fashion

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